Travail des enfants : mise en cause, une firme chinoise dit enquêter sur la RDC

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Selon un rapport de l'ONG Amnesty international, des enfants âgés jusqu'à seulement 7 ans travaillent actuellement dans les mines congolaises d'extraction de cobalt.
Selon un rapport de l'ONG Amnesty international, des enfants âgés jusqu'à seulement 7 ans travaillent actuellement dans les mines congolaises d'extraction de cobalt. © AFP
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Soupçonné d'employer des fournisseurs employant des enfants dans des mines de cobalt en RDC, l'exportateur chinois Yantai Cash a indiqué diligenter une enquête sur sa chaîne d'approvisionnement. 

Une entreprise chinoise de négoce de métaux a déclaré jeudi avoir ouvert une enquête pour savoir si des enfants travaillent dans des mines congolaises qui la fournissent en cobalt, un composant crucial des smartphones et voitures électriques.

Un rapport d'Amnesty International. Yantai Cash, un exportateur de cobalt basé dans la province du Shandong (est), a indiqué être en train de vérifier sa chaîne d'approvisionnement à la demande de la Bourse des métaux de Londres, qui fixe les prix du marché. L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a publié la semaine dernière un rapport accusant des géants industriels de négliger les conditions de travail dans les mines de leurs fournisseurs en République démocratique du Congo. Yantai Cash n'est pas mentionné dans le rapport d'Amnesty International, mais des soupçons pèsent sur l'exportateur chinois.

Le secteur automobile est particulièrement épinglé, dont le constructeur français Renault et son homologue allemand Daimler. Côté informatique, le chinois Huawei et l'américain Microsoft sont cités.

Des enfants mineurs âgés de 7 ans. Quelque 20% du cobalt congolais sont extraits à la main dans des mines artisanales par des "creuseurs". Certains d'entre eux sont âgés de seulement 7 ans, selon Amnesty. La Bourse des métaux de Londres a lancé une enquête pour déterminer si du cobalt récolté par des enfants était échangé sur sa plateforme, a indiqué mercredi le quotidien britannique Financial Times. Selon le journal, ces inquiétudes ont fait surface l'été dernier lorsque du cobalt vendu par Yantai a fait son apparition à la Bourse des métaux.

Des acteurs du marché soupçonnent la firme chinoise de se fournir auprès de mines artisanales. Or ce sont celles qui présentent la probabilité la plus élevée de travail des enfants.

En réaction, Liu Xiaohan, directeur de Yantai Cash, a affirmé que Yantai Cash ne disposait d'aucun employé ou bureau en République démocratique du Congo : l'entreprise achète le cobalt dans les ports chinois, et non directement auprès des mines de RDC. Chaque nouveau fournisseur de la société devra désormais "s'engager dans le contrat, au minimum, à fournir les certifications relatives à sa chaîne d'approvisionnement", a-t-il encore indiqué.