Les tensions France-Turquie sont "une question de religion" pour les supporters d'Erdogan

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Appel au boycott, échanges houleux : la tension monte entre la France et la Turquie. © LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
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Appel au boycott, échanges houleux : la tension monte entre la France et la Turquie. Pour les partisans de Recep Tayyip Erdogan, qu'Europe 1 a rencontrés à Istanbul, ce n'est plus qu'une question de politique, mais "une question de religion". Ils dénoncent une "erreur" du président français, Emmanuel Macron. 

Entre Ankara et Paris, la tension monte. Mardi soir, la Turquie a vivement réagi à une nouvelle caricature de Charlie Hebdo montrant Recep Tayyip Erdogan, en caleçon, soulevant la jupe d'une femme voilée et dévoilant ses fesses nues. Le conseiller pour la presse du président turc a dénoncé le résultat du "programme anti-musulman du président français Macron". L'appel à la liberté d'expression - et en faveur des caricatures - d'Emmanuel Macron ne passe pas. Pour les partisans d'Erdogan, c'est désormais plus que de la politique, c'est une "question de religion". 

En temps normal, Kemal n'interromprait jamais une partie de Rami, dans un café d'Istanbul. Mais il souhaite donner son avis sur la passe d'armes entre le président turc et son homologue français. "Il n'est absolument pas question de politique ici, c'est une question de religion. Presque une guerre de religion !", s'agace-t-il. "Et je suis persuadé que ce qui anime notre président, ce ne sont pas des raisons politiques, uniquement des motifs religieux."

"Il ne mérite pas notre pardon"

S'il est encore difficile en Turquie de mesurer les effets du boycott des produits français, lancé lundi par le président turc, la réaction de Recep Tayyip Erdogan aux propos d'Emmanuel Macron a conforté les électeurs nationalistes. Autour de la table, chacun triture nerveusement ses jetons. Hussein garde son calme et relance le débat.

"Notre religion a été insultée. Cette religion, c'est notre plus grande richesse", confie-t-il. "Le président français a fait une erreur. Une grosse gaffe et il ne mérite pas notre pardon. Nous, on doit tout faire pour défendre l'Islam". La partie de Rami est gâchée : elle s'achève avec une remarque pleine d'amertume. "Nous n'en voulons pas aux Français, seulement à leur président."

Europe 1
Par Jean-Sébastien Soldaïni, envoyé spécial à Istanbul (Turquie), édité par Mathilde Durand