Menaces d'Erdogan : la diplomatie française refuse "la surenchère verbale"

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Recep Tayyip Erdogan 1:41
Menaces d'Erdogan : la diplomatie française refuse "la surenchère verbale" © AFP
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Pas question "d'aller dans la surenchère verbale". Après les menaces de Recep Tayyip Erdogan à Emmanuel Macron samedi, l'Elysée n'a toujours pas communiqué. Les propos agressifs du président turc n'étonnent pas la diplomatie française, sur fond de tensions croissantes entre les deux homologues depuis des mois. 

Le ton monte entre Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron, sur fond de tensions en Méditerranée. Samedi, à l'occasion d'un discours télévisé à Istanbul, le président turc a mis en garde son homologue : "Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie". "Vous n'avez pas fini d'avoir des ennuis avec moi", a lancé le chef d'Etat accusant le président français de manquer de connaissances historiques. Une nouvelle provocation qui n'étonne pas la diplomatie française. 

S'il n'y a pas de réaction officielle de l'Elysée, une source du Quai d'Orsay confie à Europe 1 qu'il n'était pas question "d'aller dans la surenchère verbale". En effet, cette déclaration s'inscrit dans une longue série de propos agressifs. Ainsi, au plus haut niveau de l'Etat, personne n'est étonné de cette volonté d'escalade. Le président turc est considéré comme un dirigeant qui "mène cinq guerres à la fois", poursuit le haut-responsable. Sur Europe 1, Franck Riester, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, a souligné que la France laissait "l'agressivité" à la Turquie qui "est dans la provocation". 

Des tensions en Méditerranée 

Entre les deux hommes, la tension est montée au fur et à mesure de l'été. Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l'UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale et l'ont menacée de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d'exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone. En effet, la Turquie revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté, tandis que la France apporte son soutien à la Grèce.

A l'occasion du sommet des sept pays du sud de l'Europe, le président de la République avait également dénoncé "des comportements inadmissibles" de la part des autorités turques concernant le conflit en Libye et en Syrie. Recep Tayyip Erdogan a estimé de son côté que la France "ne pouvait pas donner de leçon d'humanité" à la Turquie en raison de son passé colonial en Algérie et de son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda.

Europe 1
Par Michaël Darmon, avec AFP