Maroc : malgré le séisme, le pays mise sur le tourisme d'ici les prochaines années

Le Maroc, frappé par un séisme, regorge de paysages variés.
Le Maroc, frappé par un séisme, regorge de paysages variés. © Fethi Belaid / AFP
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Tiphaine Dubuard / Crédits photo : Fethi Belaid / AFP
Si le premier secteur d'activité du Maroc est l'industrie automobile, le tourisme reste l'un des moteurs de l'économie marocaine. Si de nombreuses personnalités publiques appellent les vacanciers à venir dans le pays, le secteur est stratégique pour Marrakech qui mise sur un développement de l’activité touristique d’ici à 2030.

Gad Elmaleh, Jamel Debbouze ou encore Arthur : les personnalités franco-marocaines se mobilisent après le séisme qui a ravagé une vaste zone près de Marrakech, faisant près de 3.000 morts selon le dernier bilan officiel. Outre le fait d'appeler aux dons, ils invitent les vacanciers à continuer de voyager au Maroc car le tourisme est un secteur stratégique, notamment dans cette région.

Même si le premier secteur d'activité du pays est l'industrie automobile, le tourisme reste l'un des moteurs de l'économie marocaine. Il représente effectivement plus de 500.000 emplois, soit 5% de la population active.

7 à 8% du PIB du Maroc

Il s'agit d'ailleurs d'un domaine dynamique, selon Jean-Pierre Mass, président des entreprises du voyage. "Ce qui fait le succès du Maroc, c'est sa diversité, son patrimoine culturel, également les espaces qui vont du désert à la montagne, de la plage aux plateaux", énumère-t-il au micro d'Europe 1. Avec 14 millions de visiteurs par an dans le pays, "le tourisme représente 7 à 8% du PIB marocain", poursuit Jean-Pierre Mass, "mais il fait surtout vivre, directement et indirectement, énormément de familles", convient-il.

Le séisme est intervenu alors que le gouvernement marocain cherche à redynamiser le secteur touristique. Après une campagne de publicité en 2022, l'équivalent de 560 millions d'euros vont être investis afin de "passer d’une logique de destination pure à une logique de filière touristique transverse et diversifiée", indique Fatim-Zahra Ammor, la ministre marocaine du Tourisme. L'objectif de ce plan ambitieux est d'attirer 12 millions de touristes supplémentaires d'ici à 2030.

Pour Daniele Küss, ancienne chef de la mission internationale à Bercy, cet investissement entre dans une logique de "soft power" du Maroc. "On sait que le tourisme est une locomotive pour l’ensemble de l’économie mais ça va beaucoup plus loin. Il y a un enjeu diplomatique : l’image que l’on donne à travers le tourisme développe l’attractivité pour les investissements pour des domaines qui ne sont pas touristiques", explique la spécialiste. Elle rappelle que c’est à Marrakech que s’est tenu le conseil exécutif de l’organisation mondiale du tourisme des nations unies en 2022.