Lutte contre les féminicides : l’Espagne, l'exemple à suivre

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Alors que, depuis le début de l'année, plus de 70 femmes ont été tuées en France par leur compagnon ou leur ex-mari, l'Espagne dénombre 27 cas de féminicides. Un écart qui s’explique par une législation plus protectrice envers les femmes victimes de violences.
REPORTAGE

Création de tribunaux spéciaux, suppression des circonstances atténuantes pour les agresseurs… L’Espagne fait figure d’exemple dans la lutte contre les féminicides. En 2004, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a voté une grande loi hissant ce fléau au rang de cause nationale.

1.150 hommes violents portent un bracelet électronique

En Espagne, près de 1.150 hommes portent un bracelet électronique. La victime de violence porte sur elle une balise, qui détecte quand un conjoint ou ex-conjoint violent se trouve à proximité. Le centre de contrôle est ensuite alerté et la police est prévenue.

"On m’a donné un GPS parce que j’ai peur. Je sais qu’il est agressif. Si je vois qu’il s’approche, j’appuie sur un bouton et la police arrive. C’est toujours ce que je range en premier dans mon sac à main." Patricia, qui vit en Espagne, a été battue par son ex-mari pendant plusieurs mois. Pour la protéger du comportement violent de son ancien compagnon, le juge a imposé à son agresseur le port d’un bracelet électronique.

"Un fait de société dont les gens sont conscients"

Sylviane Dahan, membre d’un collectif féministe à Barcelone, considère que la loi espagnole est un modèle à suivre. "Les personnes victimes de violence ont été rendues 'visibles'. Les journaux et la télévision sont obligés d’en parler. Maintenant, c’est un fait de société dont les gens sont conscients."

La France, elle, peine à se distinguer en matière de protection des femmes battues. Depuis le 1er janvier, plus de 70 femmes ont été tuées en France par leur compagnon ou leur ex-conjoint. Par comparaison, depuis le début de l’année, l’Espagne dénombre 27 féminicides, soit deux fois moins qu’en France. Depuis la loi de 2004, le nombre de cas a fortement chuté : l’année précédant le vote de la loi, il s’élevait à 71.

Pour alerter le gouvernement français, un rassemblement se tient à Paris samedi après-midi à 17 heures, sur la place de la République, à la demande d'un collectif de familles et de proches de victimes de féminicides. "Nous ne nous tairons plus", assurent les signataires de l'appel, publié le 29 juin dans Le Parisien.