L'ONU demande «un cessez-le-feu immédiat» en Syrie pour faciliter l'aide aux victimes des séismes

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La Syrie, ainsi que la Turquie, ont été touchés par un violent séisme lundi. © Yasin AKGUL / AFP
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avec AFP , modifié à
Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme a demandé vendredi "un cessez-le-feu immédiat" en Syrie pour faciliter l'aide aux victimes des séismes qui ont dévasté une partie du pays en début de semaine. "En cette période terrible en #Turquie & #Syrie, nous appelons à la livraison urgente d'une assistance à TOUS ceux dans le besoin", insiste-t-il.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme a demandé vendredi "un cessez-le-feu immédiat" en Syrie pour faciliter l'aide aux victimes des séismes qui ont dévasté une partie du pays, au moment où les stocks de secours s'épuisent. Volker Türk "appelle à un cessez-le-feu immédiat en Syrie et au plein respect des droits humains et des obligations du droit humanitaire afin que l'aide puisse atteindre tout le monde", a indiqué un tweet du Haut-Commissariat.

 

L'ONU demande au régime du président Assad d'ouvrir d'autres points de passage

"En cette période terrible en #Turquie & #Syrie, nous appelons à la livraison urgente d'une assistance à TOUS ceux dans le besoin", insiste-t-il. La guerre civile qui déchire la Syrie depuis 2011 complique l'accès de l'aide humanitaire, en particulier aux zones sous contrôle des rebelles dans le nord-ouest du pays. Pour l'heure, l'essentiel de l'aide destinée à cette zone vient de Turquie et doit passer par Bab al-Hawa, le seul point de passage autorisé, entre la Syrie et son voisin turc. Les dégâts causés par les séismes à l'infrastructure routière côté turc rendent l'acheminement de l'approvisionnement très difficile.

L'ONU a appelé de manière répétée le régime du président Assad à ouvrir d'autres points de passage pour accélérer les secours aux millions de personnes affectées par les séismes et dont bon nombre vivaient déjà dans des conditions très précaires avant même la catastrophe naturelle. Plusieurs représentants de l'ONU ont expliqué vendredi que les stocks d'aide dont disposait l'organisation en Syrie avant le tremblement de terre s'épuisaient rapidement et avaient besoin d'un réapprovisionnement rapide. "Nous ne pouvons souffrir aucun obstacle dans cette situation", a déclaré Catharina Boehme, cheffe de cabinet du directeur général de l'Organisation mondiale de la santé lors d'un point de presse à Genève. 

 

Le HCR dispose de 30.000 kits de première nécessité

Corinne Fleischer, directrice régionale du Programme alimentaire mondial pour le Moyen-Orient, a expliqué que le PAM disposait de stocks prépositionnés dans le nord-ouest de la Syrie de rations prêtes à consommer pour 125.000 personnes et aussi de rations nécessitant de la cuisson permettant de nourrir 1,4 million de personnes pendant un mois. "Nous manquons de stocks et nous avons besoin d'un accès pour en apporter de nouveaux", a déclaré Corinne Fleischer, via une liaison vidéo depuis le Caire.  "Les catastrophes naturelles ne connaissent pas les frontières, pas plus que l'aide humanitaire. Laissez-nous reconstituer nos stocks dans le nord-ouest de la Syrie", a-t-elle demandé.

Le HCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés, disposait de 30.000 kits de première nécessité, matelas, couvertures, ustensiles de cuisine, bâches en plastique, jerrycans et nattes, et de 20.000 tentes prépositionnées en Syrie avant le séisme. "Nous les distribuons depuis le premier jour", a déclaré Sivanka Dhanapala, le représentant du HCR dans le pays. "Une grande partie est distribuée et doit maintenant être remplacée le plus rapidement possible", a-t-il souligné par liaison vidéo depuis Damas.  

"A plus long terme, nous envisagerions l'enlèvement des débris"

"Nous examinons également ce qui se passera dans quatre, huit, douze semaines", a déclaré Sivanka Dhanapala. "Lorsque nous réfléchissons à un horizon de huit à douze semaines, il s'agit d'aide à trouver du travail et de rétablir les services de base dans les zones touchées", a souligné le responsable. "A plus long terme, nous envisagerions l'enlèvement des débris", a-t-il ajouté.