Il y a un an, le 8 décembre 2024, une coalition de rebelles lançait une offensive éclair en Syrie et faisait chuter le dictateur Bachar al-Assad, contraint de s'exiler à Moscou après 24 ans au pouvoir. Depuis, l'ancien djihadiste Ahmed al-Chareh règne d'une main de fer sur le pays.
"Les maîtres ont changé mais le système est le même"
Ce dirigeant au double visage a réussi à s'imposer sur la scène internationale. Ahmed al-Chareh a été reçu par Emmanuel Macron, à la tribune de l'ONU, et en novembre par Donald Trump. Mais sur le plan intérieur, la réalité est tout autre pour Fabrice Balanche, professeur à l'université Lyon 2. La situation en Syrie n'a pas évolué depuis la chute de Bachar al-Assad.
"Finalement, les maîtres ont changé mais le système est le même", affirme-t-il. "On a un système policier qui se renforce avec des religieux combattants qui occupent toutes les positions clés et qui surveillent ce que font les ministres. Et sur le terrain, on a donc beaucoup d'insécurité, des kidnappings, des assassinats", note le maître de conférence auprès d'Europe 1.
Les minorités dans le viseur
Loin de ses promesses d'unité et de stabilité, le chef d'État a donc imposé un pouvoir autocratique sur la Syrie, selon Fabrice Balanche. "On se dirige tout droit vers une République islamique autoritaire, avec l'élimination progressive des minorités. Après le massacre de mars, tous les Alaouites veulent quitter le pays", souligne l'enseignant.
Comme les Alaouites, les chrétiens et les Druzes sont également dans le viseur. Un an après l'accession au pouvoir d'Ahmed al-Chareh, les scènes de liesse populaire semblent bien loin.