"J'ai vraiment peur, mais je reste" : à Minneapolis, des manifestants déterminés

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La colère des manifestants continue de prendre de l'ampleur aux Etats-Unis. 1:18
La colère des manifestants continue de prendre de l'ampleur aux Etats-Unis. © Xavier Yvon/Europe 1
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Europe 1 a passé la soirée de vendredi dans la ville du Minnesota, en proie à des heurts entre manifestants et policiers depuis la mort de George Floyd, un Noir décédé pendant son arrestation. "Terrifiés", les protestataires refusaient d'obéir aux consignes des autorités, déterminés à réclamer "justice". 
REPORTAGE

"On ne peut pas juste continuer à tuer des gens ici !". La colère des manifestants aux États-Unis continue de prendre de l'ampleur, quatre jours après la mort de George Floyd pendant son arrestation par la police municipale de Minnesota, et les manifestations ont viré à l'émeute et un couvre-feu a été décrété dans la ville. Vendredi, plusieurs centaines de personnes étaient présentes devant les grilles de la Maison Blanche pour montrer leur indignation, alors que le décès de l'homme a ravivé les plaies raciales des États-Unis. Europe 1 s'est rendue à Minneapolis. 

"On veut aussi les trois autres policiers qui étaient là"

Ce n'est que vendredi que le policier, Derek Chauvin, mis en cause par une vidéo virale où on le voit agenouillé sur George Floyd, a été arrêté.  Il a été "placé en détention" par la police criminelle américaine, puis inculpé pour d'homicide involontaire. Mais cette arrestation n'est pas suffisante pour les manifestants, qui défilaient toujours dans tout le pays. A Minneapolis, la consigne des blindés est ainsi claire : "Rentrez chez vous ou vous serez arrêté". "Je suis terrifié", explique un jeune manifestant au micro d'Europe 1, "mais si on ne fait rien, rien ne changera. J'ai vraiment peur, mais je reste". "On a tout essayé depuis 200 ans. Rien ne change ! Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ?"

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© Xavier Yvon/Europe 1

Des lacrymogènes explosent, des balles en caoutchouc fusent. Pour se protéger le torse, Jay a enfilé un gilet de sauvetage. "L'inculpation du policier blanc qui a étouffé Georges Floyd avec son genou, ça ne suffit pas", explique ce jeune afro-américain. "Ils l'ont juste arrêté pour que nous on s'arrête, mais on veut aussi les trois autres policiers qui étaient là". Car Derek Chauvin n'était pas seul lors de l'arrestation de Georges Floyd. "Les trois autres, ils faisaient quoi ?", s'indigne une autre manifestante. "Leur job, c’est de protéger et de servir. Ils méritent d’être arrêtés et inculpés eux aussi". 

Des pierres lancées contre les forces de l'ordre

Des pierres sont lancées contre les forces de l'ordre, qui reculent, puis finissent par abandonner le terrain. Avec de la fumée dans le ciel, les rues de Minneapolis appartiennent toujours aux manifestants, dans la nuit de vendredi à samedi. Et le phénomène n'est pas contenu dans la ville : partout aux Etats-Unis, la vague d'indignation et les défilés aux cris de "Black Lives matter" ou "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer", les derniers mots de George Floyd) se poursuivent, entraînant parfois des violences, comme a Atlanta où le siège de la télévision CNN a été pris pour cible. 

Europe 1
Par Xavier Yvon, édité par Ariel Guez