Irma, le jour d'après : "C'est inimaginable"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Après avoir passé plusieurs heures enfermé dans une maison, l'envoyé spécial d'Europe 1 à Saint-Martin raconte le spectacle de désolation qui s'est offert à lui après le passage d'Irma.
REPORTAGE

Il est 00h30 à Saint-Martin, l'ouragan Irma qui vient de s'abattre sur l'île de Saint-Martin commence enfin à s'éloigner. Après s'être mis à l'abri dans des maisons, les habitants doivent désormais se contorsionner pour sortir, enjamber des troncs de palmiers, passer sous des câbles électriques. Sur la route, un mur d'enceinte est abattu sur des dizaines de kilomètres, raconte Xavier Yvon, notre envoyé spécial, qui a passé plusieurs heures enfermé dans une maison du quartier français de l'île lors du passage d'Irma, cet ouragan de catégorie 5.

"On a l'impression que c'est la fin du monde". "C'est inimaginable, il n'y a plus de toit, il n'y a plus de portail, il n'y a plus rien", se désole une habitante devant les décombres. "Comment ça va? Vous aussi vous avez cru que vous que vous alliez mourir ?" Chacun raconte sa nuit de terreur, caché dans une salle de bain, une armoire ou un sous-sol. Maya pensait avoir tout vu des ouragans. Elle confie pourtant n'avoir "jamais eu un tel sentiment de ne pouvoir rien faire et de voir la nature qui est complètement déchaînée. Et d'entendre ces hurlements de vent qui n'en finissent pas, qui grossissent. On a l'impression que c'est l'apocalypse, que c'est la fin du monde", ajoute-t-elle.

 

 

Les habitants échangent des infos. Un homme à vélo arrive. Il cherche une infirmière pour une femme qui a eu des doigts sectionnés. Les habitants échangent les infos glanées ici et là, comme cette personne retrouvée morte dans une habitation plus loin ou ces pillages qui auraient eu lieu ailleurs sur l'île.

Un îlot de désolation. Pour la nuit qui vient, la solidarité se met en place. Les habitants se serrent dans les rares villas qui ont encore l’électricité, reconnaissables au ronronnement des générateurs. Ils se félicitent d'être en vie et se demandent dans quel état est le reste de l'île. "On a souffert terriblement mais ceux qui habitent dans les quartiers défavorisés, il ne doit plus rien rester", imagine Michelle. Il est impossible d'aller vérifier sur place, car les routes sont coupées. 95% de la partie française de l'île de Saint-Martin a été détruite, ont rapporté jeudi les autorités. Sous les yeux de notre reporter, le quartier de Terre Basse est aujourd'hui un îlot de désolation.

 

Europe 1
Par Xavier Yvon, envoyé spécial sur l'île de Saint-Martin