Iran : la Franco-Iranienne Fariba Adelkhah condamnée à 5 ans de prison

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La chercheuse est détenue en Iran depuis 2019 (photo d'archives).
La chercheuse est détenue en Iran depuis 2019 (photo d'archives). © THOMAS ARRIVE / SCIENCES PO / AFP
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Son arrestation en juin 2019 avait été dénoncée par la France qui réclame sa libération, tout comme son comité de soutien à Paris. La chercheuse a été condamnée pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale", a indiqué son avocat à l'AFP. 

L'anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah a été condamnée à cinq ans de prison pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale", a déclaré samedi à l'AFP son avocat Saïd Dehghan.

Détenue depuis juin 2019

Son arrestation en juin 2019 avait été dénoncée par la France qui réclame sa libération, tout comme son comité de soutien à Paris. Selon Me Dehghan, qui n'a pas précisé la date de la condamnation, la chercheuse a aussi écopé d'une peine d'un an pour "propagande contre le système" politique de la République islamique, mais elle doit purger seulement la peine la plus longue. Ces deux condamnations peuvent néanmoins faire l'objet d'un appel.

Arrêtée et détenue en Iran depuis juin 2019, cette spécialiste du chiisme était chercheuse au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris. L'Iran ne reconnaît pas la double nationalité. Son procès s'était ouvert le 3 mars devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. La deuxième audience a eu lieu le 19 mars selon son avocat.

"Propagande contre le système politique"

Son collègue et compagnon, Roland Marchal, arrêté en juin 2019 alors qu'il venait lui rendre visite, a été libéré fin mars alors qu'était élargi simultanément en France un ingénieur iranien menacé d'extradition vers les Etats-Unis, Jalal Rohollahnejad. Vu qu'"au moins deux personnes doivent être impliquées" dans l'accusation de "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale", il se peut que la deuxième personne en question soit Roland Marchal, dont l'affaire n'a pas été classée en dépit de sa libération, a estimé Me Dehghan.

Selon l'avocat, l'accusation de "propagande contre le système politique" se réfère à l'avis de la chercheuse sur le port du voile en Iran mais selon lui il s'agit de remarques d'une universitaire avant tout plus que d'un jugement de valeur.