Le président Vladimir Poutine a accusé mercredi les services secrets occidentaux d'être impliqués dans des attaques "terroristes" en Russie. 1:24
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Arthur de Laborde (envoyé spécial en Chine), avec Europe 1 et AFP , modifié à
Au 407e jour de la guerre en Ukraine, le Kremlin a exclu jeudi la possibilité d'une médiation chinoise pour stopper les combats en Ukraine. Parallèlement, le président français Emmanuel Macron poursuit sa visite d'État en Chine, où il a appelé son homologue Xi Jinping à "ramener la Russie à la raison". Europe 1 fait le point.
L'ESSENTIEL

Le Kremlin a exclu jeudi la possibilité d'une médiation chinoise pour stopper les combats en Ukraine, estimant que la Russie, qui a connu une multitude de revers militaires, n'avait d'autre choix que de continuer son assaut. "Bien sûr que la Chine dispose d'un potentiel formidable et efficace s'agissant de ses services de médiation", a estimé auprès de la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Cette déclaration a eu lieu au deuxième jour de la visite en Chine d'Emmanuel Macron, qui a appelé Xi Jinping à "ramener la Russie à la raison".

"Mais la situation avec l'Ukraine est complexe, il n'y a pas de perspective de règlement politique", a déclaré Dmitri Peskov. "Et, pour le moment, nous n'avons pas d'autre solution que de continuer l'opération militaire spéciale", a-t-il ajouté, utilisant l'euphémisme des autorités russes pour décrire l'offensive en Ukraine.

Les principales informations :

- Macron appelle Xi à "ramener la Russie à la raison"

- le Kremlin exclut une médiation de la Chine

- Wagner continue de subir des pertes, admet son patron

La Russie dit avoir repoussé une infiltration de "saboteurs" ukrainiens sur son territoire

La Russie a dit jeudi avoir repoussé un groupe de "saboteurs" ukrainiens qui tentaient de s'infiltrer sur son territoire via la région frontalière de Briansk, où un pilote ukrainien avait déjà été arrêté la veille.

"Le département des gardes-frontières du service fédéral de sécurité de Russie dans la région de Briansk a déjoué une tentative d'entrée sur le territoire russe d'un groupe de reconnaissance et de sabotage ukrainien de 20 hommes près du village de Sloutchovsk", a déclaré sur Telegram le gouverneur de la région, Alexandre Bogomaz.

"Des unités des forces armées russes ainsi que des unités des forces des gardes-frontières ont ouvert le feu sur l'ennemi", a-t-il ajouté. L'incident a plus tard été confirmé par le ministère russe de la Défense, qui a pour sa part évoqué un groupe de 15 personnes.

Macron dit à Xi de "ramener la Russie à la raison"

Dmitri Peskov était interrogé sur l'éventualité d'une médiation chinoise, après que le président français Emmanuel Macron a dit à Pékin compter sur son homologue chinois Xi Jinping, proche de Vladimir Poutine, pour "ramener la Russie à la raison". Le chef de l'État a également pressé son homologue chinois de ne pas livrer d'armes à Moscou, au cours d'un entretien à Pékin qui s'est conclu par des appels à des pourparlers de paix.

"Je sais pouvoir compter sur vous pour ramener la Russie à la raison et tout le monde à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat français pendant une rencontre en face-à-face au Palais du peuple. Après tout le cérémonial d'une visite d'Etat - accueil devant les troupes aux abords de la place Tiananmen, hymnes nationaux, 21 coups de canon -, les deux dirigeants ont tenté d'afficher une certaine convergence de vues. Il faut "une reprise des discussions au plus vite pour bâtir une paix durable", a estimé Emmanuel Macron à l'issue de l'entretien, tandis que Xi Jinping plaidait pour "une reprise des discussions de paix le plus tôt possible".

Bonne entente entre Poutine et Xi

Lors d'un sommet à Moscou en mars, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont affiché leur bonne entente, se posant comme des alliés stratégiques déterminés à résister à un hégémonisme américain. La Chine a esquissé de son côté les débuts d'un plan de paix ukrainien, mais celui-ci reste très vague et très théorique, Pékin insistant sur des principes contradictoires, comme le respect de l'intégrité territoriale des États, et donc de l'Ukraine, et la défense des intérêts diplomatiques et sécuritaires de la Russie. Si Pékin se dit officiellement neutre, Xi Jinping n'a jamais condamné l'offensive russe et n'a jamais parlé au président ukrainien Volodymyr Zelensky.

L'Ukraine a martelé à maintes reprises que la paix passe par le retrait des forces russes de tout son territoire. Moscou, de son côté, veut au minimum que Kiev renonce aux cinq régions dont M. Poutine a revendiqué l'annexion.

Poutine s'entretient avec les quatre dirigeants russes des régions ukrainiennes annexées

Le président russe Vladimir Poutine s'est de son côté entretenu jeudi au Kremlin avec les dirigeants installés par la Russie dans quatre régions ukrainiennes dont elle a revendiqué l'annexion en 2022. Vladimir Poutine a assuré que l'objectif de l'armée russe était de repousser les Ukrainiens "à une distance telle qu'ils ne pourront pas nous infliger de dégâts", malgré une ligne de front qui est restée très largement figée depuis l'automne dernier.

Lors de ces quatre courtes rencontres télévisées, Vladimir Poutine s'est appliqué à traiter les dirigeants d'occupation comme lors de ses traditionnelles réunions avec les gouverneurs des régions russes. Ils ont ainsi évoqué les allocations sociales pour les familles nombreuses, l'état des routes après les chutes de neige ou encore le manque d'installations de stockage de légumes, sans dire mot des combats qui font encore rage.

Wagner continue de subir des pertes, admet son patron

Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, a reconnu jeudi que ses hommes continuaient à subir des pertes dans les combats en Ukraine, à l'occasion de la visite d'un cimetière qui "continue de s'agrandir". Une vidéo diffusée par son service de presse sur Telegram montre Evguéni Prigojine se tenant devant des dizaines de sépultures surmontées de croix et sur lesquelles sont posées des gerbes de fleurs.

"Les combattants de Wagner continuent d'être enterrés ici et il n'y a aucun problème avec ça à ce jour. Nous allons l'améliorer et faire de ce cimetière un mémorial pour les futures générations", a déclaré Evguéni Prigojine. "Oui, (le cimetière) s'agrandit. Ceux qui se battent meurent parfois. C'est ainsi que va la vie", a encore lancé le patron de Wagner.

La Russie communique très peu sur les pertes qu'elle subit en Ukraine depuis le début de l'offensive qu'elle a déclenchée en février 2022. Le dernier bilan officiel des pertes communiqué par le ministère de la Défense date de septembre 2022 et fait état de 5.937 militaires tués. Cela ne comprend pas les combattants de Wagner, qui ne font pas officiellement partie de l'armée. Selon des estimations occidentales, les forces russes - armée, Wagner et séparatistes prorusses d'Ukraine - pourraient compter plus de 150.000 morts et blessés dans leurs rangs.