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avec AFP , modifié à
Au 49e jour de l'invasion russe en Ukraine, la Russie a menacé de frapper des centres de commandement à Kiev, accusant l'Ukraine d'attaques contre son territoire. Peu auparavant, la Russie avait annoncé la reddition de plus de mille soldats ukrainiens à Marioupol, que ses forces assiègent et bombardent depuis plus de 40 jours. Europe 1 fait le point sur la situation.
L'ESSENTIEL

La Russie a menacé mercredi de frapper des centres de commandement à Kiev, accusant l'Ukraine d'attaques contre son territoire, tandis que les États-Unis ont annoncé la fourniture d'équipements militaires lourds aux Ukrainiens. Dans le même temps, l'ONU a estimé qu'un "cessez-le-feu général" à des fins humanitaires ne semblait "pas possible actuellement", les Nations unies attendant toujours des réponses de Moscou à des propositions concrètes en vue de l'évacuation de civils et de garantir l'acheminement de produits de première nécessité dans les zones en guerre.

Le même jour, la Russie a annoncé la reddition de plus de mille soldats ukrainiens à Marioupol, une ville portuaire très stratégique que ses forces assiègent et bombardent depuis plus de 40 jours et encerclent depuis plus d'un mois.

Les principales informations : 

  • La Russie menace de frapper des centres de commandement à Kiev
  • L'Ukraine est "une scène de crime", selon la Cour pénale internationale
  • Accusations de génocide : "Inacceptable", réagit le Kremlin
  • Plus de 1.000 soldats ukrainiens se sont rendus aux forces russes
  • L'Ukraine n'ouvre aucun couloir humanitaire ce mercredi
  • 4,6 millions de réfugiés ont fui l'Ukraine depuis le 24 février

Quatre civils tués dans des frappes russes à Kharkiv

Quatre civils ont été tués et au moins dix blessés dans des frappes russes mercredi sur Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine, a annoncé le gouverneur de la région. "Dans la journée, les occupants ont continué à bombarder des quartiers résidentiels de Kharkiv (...) Quatre civils ont péri en une journée et dix autres blessés", a annoncé sur Telegram Oleg Synegoubov.

L'Ukraine, "une scène de crime"

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), le Britannique Karim Khan, a qualifié mercredi l'Ukraine de "scène de crime", lors d'une visite à Boutcha, près de Kiev.

"L'Ukraine est une scène de crime. Nous sommes ici parce que nous avons de bonnes raisons de penser que des crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis. Nous devons transpercer le brouillard de la guerre pour parvenir à la vérité", a-t-il déclaré à la presse lors d'une visite de cette ville, où des centaines de civils, selon les autorités ukrainiennes, ont été retrouvés morts après l'occupation russe. Karim Khan a précisé qu'une équipe médico-légale de la CPI se préparait à travailler "afin que nous puissions vraiment séparer la vérité de la fiction".

Des accusations de génocide "inacceptables" pour Moscou

Le Kremlin a jugé mercredi "inacceptable" que le président américain Joe Biden accuse son homologue russe Vladimir Poutine de "génocide" en Ukraine. "Notre désaccord est catégorique et nous considérons que de telles tentatives de déformer la réalité sont inacceptables, d'autant plus qu'elles viennent du président des Etats-Unis, pays dont les agissements dans l'histoire récente sont bien connus", a commenté Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

Moscou menace de frapper des centres de commandement à Kiev

L'armée russe a menacé mercredi de frapper des centres de commandement dans la capitale ukrainienne Kiev, que Moscou a renoncé pour l'heure à prendre, accusant l'Ukraine de tirs et de sabotages sur le territoire russe.

"Nous voyons des tentatives de sabotage et de frappes des forces ukrainienne sur des cibles sur le territoire de la Fédération de Russie. Si de tels événements se poursuivent, des frappes seront menées par l'armée russe sur des centres de prise de décision, y compris à Kiev, ce que l'armée russe s'est retenue de faire jusqu'à présent", a déclaré Igor Konachenkov, le porte-parole du ministère russe de la Défense.

Plus d'un millier de soldats ukrainiens se sont rendus aux forces russes à Marioupol

Plus d'un millier de soldats ukrainiens se sont rendus aux forces russes dans la ville de Marioupol, port stratégique de la mer d'Azov assiégé depuis des semaines, a affirmé mercredi le ministère de la Défense russe. "Dans la ville de Marioupol, dans la zone de l'usine métallurgique Ilitch (...) 1.026 militaires ukrainiens de la 36ème brigade marine ont volontairement déposé les armes et se sont rendus", selon le ministère.

Mardi, les autorités régionales du sud-est de l'Ukraine ont évalué à au moins 20.000 morts le nombre de victimes à Marioupol où les combats se concentrent désormais dans la gigantesque zone industrielle de la ville.

L'Ukraine n'ouvrira aucun couloir humanitaire ce mercredi

L'Ukraine n'ouvrira aucun couloir humanitaire ce mercredi, a déclaré une responsable du gouvernement en accusant les Russes de "violer les normes du droit international" ce qui rend la situation "dangereuse". "Malheureusement, nous n'ouvrirons pas de couloirs humanitaires aujourd'hui. Dans la région de Zaporijjia (sud), les occupants ont bloqué les bus et dans la région de Lougansk (est) ils violent le cessez-le feu", a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

"Non seulement les occupants ne respectent pas les normes du droit international humanitaire, mais ils ne peuvent pas non plus contrôler correctement leur hommes sur le terrain. Tout cela crée un tel niveau de danger sur les routes que nous sommes contraints de nous abstenir aujourd'hui d'ouvrir des couloirs humanitaires", a-t-elle poursuivi.

1.500 soldats russes dans les morgues de Dnipro

Les corps de plus de 1.500 soldats russes reposent dans les morgues de Dnipro, grande ville industrielle de l'est de l'Ukraine, a déclaré mercredi le maire-adjoint de la ville, Mikhaïlo Lyssenko. "On a aujourd'hui dans les morgues de Dnipro plus de 1.500 soldats russes morts, que personne ne veut récupérer", a-t-il déclaré dans une interview au média en langue russe Nastoïachtchee Vremia (Current Time), financé par Washington.

Zelensky propose un échange de prisonniers

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé mardi soir à Moscou d'"échanger" le député et homme d'affaires ukrainien Viktor Medvedtchouk, proche du président russe Vladimir Poutine et récemment arrêté, contre les Ukrainiens en captivité en Russie.

Les autorités ukrainiennes avaient plus tôt dans la journée annoncé l'arrestation de cet Ukrainien de 67 ans qui était en fuite depuis l'invasion russe de l'Ukraine. Viktor Medvedtchouk, 12e fortune d'Ukraine en 2021 avec 620 millions de dollars selon le magazine Forbesest connu pour ses liens avec le président russe Vladimir Poutine qui est, selon l'intéressé, le parrain de l'une de ses filles.

Washington accuse Moscou d'envisager l'usage "d'agents chimiques" à Marioupol

Les Etats-Unis ont fait état mardi, par la voix du chef de la diplomatie Antony Blinken, d'"informations crédibles" sur la possibilité que la Russie fasse usage d'"agents chimiques" dans son offensive pour prendre Marioupol.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) s'est dite mardi préoccupée par des allégations d'utilisation d'armes chimiques à Marioupol.

Le président allemand persona non grata à Kiev

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, critiqué pour ses relations entretenues ces dernières années avec la Russie, a indiqué mardi avoir envisagé de se rendre en Ukraine avec d'autres chefs d'Etat mais avoir essuyé une fin de non-recevoir de la part de Kiev.

Plus de 4,6 millions de réfugiés

Plus de 4,6 millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays depuis l'invasion ordonnée par Vladimir Poutine le 24 février, selon les chiffres du HCR mardi. Selon le service de garde-frontières ukrainien, plus de 870.000 Ukrainiens sont rentrés chez eux depuis le début de la guerre, dont des femmes et des enfants.