Joe Biden et Kamala Harris 1:22
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Pauline Jacot, édité par Romain David
En choisissant une femme métisse comme colistière, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden envoie un message fort à l'Amérique des minorités. Il cultive également sa différence avec le très conservateur Donald Trump. Pour le spécialiste des États-Unis Jean-Éric Branaa, la dynamique créée par ce tandem est susceptible de les porter jusqu'à la victoire.
INTERVIEW

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais c'est tout un symbole aux États-Unis. Kamala Harris, fille d’un professeur d’économie jamaïcain et d'une oncologiste indienne, a été choisie comme colistière par Joe Biden, le candidat démocrate à la Maison-Blanche. À 55 ans, la sénatrice de Californie pourrait devenir la toute première femme vice-présidente des États-Unis. Un choix très symbolique donc, mais aussi politique, puisqu'il permet à Joe Biden de s'engager sur le boulevard de la victoire, selon Jean-Éric Branaa, spécialiste des États-Unis et maître de conférences à l'université Assas-Paris II.

"Ticket gagnant"

"Il s’agit forcément un ticket gagnant. Donald Trump n’a pas compris, ni vu venir la dimension symbolique de ce ralliement qui va transcender la candidature de Joe Biden", assure l’universitaire au micro d’Europe 1. "On dit que Joe Biden est un homme sans charisme. En réalité, c’est un homme qui aime rester dans l’ombre. Désormais, il a à ses côtés une femme charismatique, avec un poids symbolique", pointe Jean-Éric Branaa. "La légende Kamala Harris va se construire et booster cette candidature, pour la porter jusqu'au 3 novembre."

Pour le spécialiste, la décision de Joe Biden de faire de Kamala Harris sa colistière revêt une véritable dimension historique, sans atteindre toutefois à celle de l’élection de Barack Obama en 2008, premier Afro-Américain à occuper la Maison-Blanche. "Désormais, les minorités, qu’il s’agisse des Afro-Américains ou des Asiatiques, mais également les Hispaniques, vont se sentir transcender, vont voir qu’ils participent au rêve américain, et qu’ils peuvent eux-aussi devenir un jour vice-président ou président des États-Unis", souligne Jean-Éric Branaa. "C’est un vrai changement dans le roman national", conclut-il.