ÉDITO - Entre la France et la Pologne, un parfum de crise diplomatique demeure

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Emmanuel Macron et le président polonais Andrzej Duda 1:42
Emmanuel Macron et le président polonais Andrzej Duda au sommet de l'OTAN à Londres le 4 décembre 2019. © Ludovic MARIN / POOL / AFP
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Emmanuel Macron effectue sa première visite du quinquennat en Pologne, lundi, afin de tenter d'apaiser les tensions après une période de vives crispations entre Paris et Varsovie. Le président français entend se réconcilier avec les dirigeants du pays, après avoir fustigé sa dérive populiste et souverainiste, estime notre éditorialiste Vincent Hervouët. 
EDITO

Pour sa première visite en Pologne depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron va tenter d'apaiser les tensions entre Paris et Varsovie. Le président français avait en effet été très critique envers la Pologne après son refus de durcir la directive sur les travailleurs détachés en août 2017 : un parfum de crise diplomatique règne donc entre les deux dirigeants. 

Pour accueillir Emmanuel Macron, Varsovie a acheté des chasseurs américains F-35 pour quatre milliards d'euros

Car pire que le plombier polonais, il y a le diplomate polonais. À tel point qu'on pourrait faire un bêtisier des relations franco-polonaises depuis que Varsovie est dans l'Union européenne... Au moment de franchir la porte, ils applaudissaient Georges Bush en Irak et Jacques Chirac grinçait : "Ils feraient mieux de se taire". Ensuite, ces ingrats ont acheté leurs armes au Pentagone plutôt qu'en Europe.

François Hollande a été tellement écœuré qu'ils abandonnent nos magnifiques Caracal pour des hélicoptères américains qu'il avait carrément annulé sa visite en Pologne. Pour accueillir Emmanuel Macron, Varsovie a d'ailleurs acheté vendredi des chasseurs américains F-35 pour quatre milliards d'euros, ce qui démontre que l'OTAN n'est pas en état de "mort cérébrale".... Ou en tout cas, que le tiroir caisse fonctionne ! 

Sauver la PAC, un intérêt commun aux deux pays

On a souvent accusé la Pologne d'être le "passager clandestin" de l'Union européenne, celui qui prend les subventions et refuse l'intégration. Emmanuel Macron aggrave encore le réquisitoire en parlant de Pologne honte de l'Union, des cathos qui refusent les migrants venus de pays musulmans, d'une Pologne qui pinaille l'agenda de neutralité carbone, qui récuse le "lobby LGBT", des esprits faux qui mentent à leur peuple.

Le mépris est totalement réciproque. Les Polonais détestent les mamours faits à Poutine et ils considèrent la France comme l'homme malade de l'Europe. Mais il y a quand même quelques sujets d'intérêts communs, notamment la volonté de sauver la politique agricole commune. On a deux jours pour voir si le paysan polonais fera oublier le diplomate et le plombier polonais. 

Europe 1
Par Vincent Hervouët, édité par Céline Brégand