Dans les aéroports, les précautions face au virus chinois gagnent le monde entier

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Aéroport Los Angeles 2:04
L'aéroport de Los Angeles a mis en place des contrôles pour les passagers en provenance de Chine. © DAVID MCNEW / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Alors qu'une réunion de l'OMS a été convoquée mercredi après la confirmation possible d'une transmission entre hommes du virus chinois, les aéroports de plusieurs villes du monde entier se préparent en isolant certains voyageurs pour prendre leur température. Dans de nombreux autres endroits, les passagers sont avertis des conseils à adopter pour éviter une contamination.

Le virus qui frappe l'est de l'Asie n'en finit pas d'inquiéter : plus de 200 cas ont été recensés et une quatrième personne est morte en Chine après avoir contracté la maladie, ont annoncé mardi les autorités chinoises. Quelques heures plus tôt, Pékin avait confirmé que le virus était transmissible entre hommes. Mercredi, l'OMS a convoqué une réunion en urgence pour décider s'il fallait déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale" à même de contrer cette épidémie. Aux États-Unis, au Japon, et en Asie du Sud-Est, les aéroports sont maintenant sous surveillance.

L'aéroport de Wuhan, en Chine, vient de mettre en place une zone de contrôle des températures où les passagers doivent passer sous l’œil des caméras thermiques. À New York, Los Angeles, Singapour ou Bangkok, tous les passagers en provenance de cette ville du centre de la Chine sont désormais scrutés par les autorités sanitaires. 

Des passagers auscultés

Dans ces aéroports, les agents peuvent donc isoler certains voyageurs, les interroger sur leurs symptômes, les ausculter et prendre leur température. À Pékin, l'inquiétude de propagation du virus grandit à l'approche du Nouvel An chinois, où 450 millions de personnes ont déjà commencé à voyager à l'intérieur du pays. Après Wuhan, le virus s'est répandu dans les autres grandes villes du pays, comme la capitale, Shanghaï, ou comme Shenzhen. Des nouveaux cas ont été recensés en Thaïlande, au Japon et en Corée du Sud.

En Chine, l'épidémie rappelle en tout cas celle du Sras, dont "l'ampleur était de 8.000 personnes avec environ 800 morts" au début des années 2000, précise Arnaud Fontanet, professeur, directeur du service d’épidémiologie à l’institut Pasteur, à Paris. "C'étaient des pneumopathies probablement plus sévères que ce que l'on voit aujourd'hui avec ce virus. Il est difficile de savoir encore aujourd'hui quelle efficacité aura la transmission inter-humaine et donc à quelle vitesse l'épidémie va progresser."

Pas de consignes spécifiques en France

L'épidémie peut-elle gagner l'Europe ? En France, des mesures spécifiques n'ont pas encore été prises, mais des conseils aux voyageurs sont affichés dans les terminaux concernés à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle : ne pas manger de viande crue, se laver les mains, ne pas toucher d'animaux… Il n'y a pas de consignes particulières pour le moment, indique-t-on à la Direction générale de la santé, et les médecins ont simplement été priés de réorienter vers le Samu toute personne présentant une infection respiratoire aiguë et ayant récemment séjourné dans la ville de Wuhan.