Coronavirus : qu'est-ce que le "traçage à la japonaise" et pourquoi est-il efficace ?

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La méthode de traçage "à la japonaise" cherche à retrouver la personne à l'origine d'une contamination. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Contrairement à la stratégie française, qui cherche à retrouver les cas contacts, la méthode rétrospective dite "à la japonaise" cible la personne qui a contaminé un malade. Une méthode qui a fait ses preuves en Asie.

C'est l'un des axes de la stratégie du gouvernement de lutte contre le coronavirus : le traçage. L'objectif affiché de la méthode est de retrouver les cas contacts d'un malade pour casser les chaînes de contamination et, in fine, mettre à mal la circulation du Covid-19 dans l'Hexagone. Mais il existe une autre méthode pour parvenir à ce résultat : le traçage rétrospectif, une méthode utilisée en Asie et notamment au Japon.  

Chercher qui à contaminer qui

Contrairement au traçage "classique", ici l'objectif est de remonter jusqu'au patient zéro : retrouver non pas les cas contacts d'un malade, mais par qui ce dernier a été contaminé. Par extension, cette stratégie permet donc d'identifier les lieux importants de contamination. "C'est un peu comme chercher les ascendants au lieu de rechercher les descendants", résume au micro d'Europe 1 l'épidémiologiste Catherine Hill. Une stratégie très utilisée en Asie, beaucoup plus épargnée par le virus que le Vieux continent. "C'est remarquablement fait en Corée du Sud, mais ils s'y sont pris correctement et ils ont énormément testé."

"Nous, on n'a jamais surveillé assez bien"

"Ils ont énormément isolé et le virus a beaucoup moins circulé. Et donc, eux, ils savent très bien qui a contaminé qui?. Et qui a contaminé 230 personnes par exemple. Nous, on n'a jamais surveillé assez bien." "À chaque fois qu'on peut remonter au delà de la chaîne de contamination, nous le faisons", s'est défendu de son côté le ministre de la Santé Olivier Véran, interrogé sur cette question. "Mais ne croyez pas que ce soit quelque chose où il suffit de claquer des doigts et d'y mettre les moyens." Et de nuancer : "Il y a des réponses que nous n'arrivons pas à avoir, mais que personne dans le monde n'arrive à obtenir, quelle que soit la stratégie."

Néanmoins, peu importe la stratégie de traçage utilisé, un point fait consensus dans la communauté scientifique : il est impossible de tracer correctement l'épidémie au-delà de 5.000 cas par jour. Or, d'après les derniers chiffres de Santé publique France publiés dimanche, la France comptait plus de 52.000 nouveaux cas détectés en 24h

Europe 1
Par Pierre Herbulot, édité par Ugo Pascolo