Coronavirus à Milan : "On est des latins, on a plus de mal à se discipliner que les Chinois"

, modifié à
  • A
  • A
 Selon le dernier bilan disponible, l'Italie compte plus de 10.000 cas avérés, et dénombre 631 morts.
Selon le dernier bilan disponible, l'Italie compte plus de 10.000 cas avérés, et dénombre 631 morts. © AFP
Partagez sur :
Sous cloche depuis plusieurs jours, les rues de Milan sont de plus en plus désertes. Une ville quasiment silencieuse, comme si elle s'apprêtait à entrer en hibernation.
REPORTAGE

C'est une ville qui s'apprête à entrer en hibernation. Milan, centre économique de l'Italie, vit désormais sous cloche alors que l'épidémie de Covid-19 poursuit son inexorable avancée dans la "Botte". Selon le dernier bilan disponible, la péninsule compte plus de 10.000 cas avérés, et 631 morts. Après avoir mis le pays sous cloche lundi soir, le Premier ministre italien Giuseppe Conte va peut-être même franchir un pas de plus dans les mesures drastiques en ordonnant l'arrêt de toutes les activités en Lombardie (la région de Milan) et en Vénétie, deux des principaux foyers du Covid-19 dans le pays. Une demande des présidents des deux régions eux-mêmes, Attilio Fontana et Luca Zaia, pour enfin endiguer efficacement le coronavirus.

Dans ce contexte, les Milanais restent le plus possible chez eux, et la ville s'éteint à petit feu, comme a pu le constater notre journaliste sur place. À chaque heure qui passe, il y a de moins en moins de voitures sur les routes, moins de piétons, moins de cafés ouverts, tandis que les tramways et métros roulent à vide. S'il y a bien encore quelques ouvriers sur des chantiers, les agents de sécurité surveillent très majoritairement des immeubles vides. D'habitude pleine de vie, Milan est quasiment silencieuse. 

Vers une cessation de toutes les activités économiques ?

Fermer tous les magasins, hôtels, administrations et lieux publics, à l'exception des supermarchés et pharmacies, ferait des ravages dans l'économie. "Je suis agent immobilier, et cette mesure nous préoccupe beaucoup car le marché va en prendre un sacré coup, et nos ventes vont inévitablement s'effondrées", avance l'un des rares habitants que l'on peut encore croiser dans la rue. "Nous les Italiens, on est des latins, comme vous les Français ou les Espagnols, donc on a plus de mal à se discipliner que les Chinois", avance un autre homme. Avant de poursuivre : "Mais leur exemple n'est pas mauvais et il fonctionne. Alors oui, c'est préoccupant de tout fermer, mais ça marche, pourquoi pas ?"

Quelques secteurs essayent tout de même d’échapper à ce "shutdown" et les grandes entreprises industrielles négocient le maintien de grandes activités stratégiques, qui restent encore à déterminer. Le gouvernement a d'ailleurs débloqué une enveloppe exceptionnelle de 25 milliards d'euros pour faire face à cette crise.

Europe 1
Par Matthieu Bock (depuis Milan), édité par Ugo Pascolo