COP25 : l’effet papillon du réchauffement climatique sur la biodiversité à Yellowstone

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Yellowstone élan
Au parc de Yellowstone, le réchauffement climatique se fait sentir. © Xavier Yvon pour Europe 1
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Lundi a débuté la COP25 à Madrid, en Espagne, avec encore une fois l'objectif pour les nations de la planète participantes de prendre des mesures écologiques fortes afin de limiter le réchauffement climatique. À cette occasion, Europe 1 vous emmène chaque jour de la semaine sur un continent du monde pour constater les effets du réchauffement. Mardi, c'est au parc de Yellowstone, aux Etats-Unis.
REPORTAGE

Il ressemble à une carte postale de l'Amérique sauvage. On y tombe, au détour des virages, sur un élan blessé entouré de coyotes affamés ou des dizaines de bisons en train de paître, le tout dans un paysage majestueux de collines et de montagnes enneigées. Yellowstone, dans le nord des Etats-Unis, est le plus vieux parc naturel de la planète, classé patrimoine mondial par l'Unesco.

Un réchauffement inédit

Mais ce sanctuaire naturel, resté intact depuis des millénaires, est désormais le témoin privilégié du réchauffement climatique. Car ici, des scientifiques comme Cathy Witlock peuvent remonter le temps. Cette chercheuse de l'université du Montana analyse des sédiments des lacs, et connait ainsi le climat de Yellowstone sur les 50.000 dernières années. "À la fin de l’âge de glace, le Yellowstone s'est réchauffé de 4 degrés celsius", explique-t-elle à Europe 1. "Mais ça a pris plusieurs milliers d’années. Ce qu'on voit maintenant, c'est le même réchauffement mais en années, en dizaines d'années." Du jamais vu. "C'est le diagnostic de ce qui se passe partout sur la planète."

"Beaucoup de dégâts dans l'écosystème"

Embarquer dans la voiture de Nathan Varley, guide pour touristes, permet d'observer les effets concrets de ces changements climatiques. Lacs asséchés, espèces d'oiseaux disparues, arbres qui ne poussent plus... les exemples sont légion. "C'est très inquiétant", note Mike Tercek, biologiste, en pointant une vaste étendue jaune. Ce sont là des plantes invasives, qui prolifèrent à la chaleur. "Si cette herbe envahit la partie nord que nous venons de traverser, là où les animaux vivent l'hiver, cela ferait beaucoup de dégâts dans l'écosystème. Une végétation moins nourrissante, ça veut dire moins d’élans et autres herbivores... donc moins de prédateurs, comme les loups." Un "effet domino" dévastateur.

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"Une forêt verte et vivante devenue calme comme un cimetière"

Il suffit d'ailleurs de lever les yeux pour le constater. À 3.000 mètres d’altitude, une forêt a été presque entièrement détruite. Avec le réchauffement, des insectes tueurs d'arbres ont survécu à l’hiver et ont pu s'attaquer aux pins à écorce blanche. "Vous rentrez dans ce paysage étrange et gris d'arbres morts toujours debout. Ce qui était une forêt verte et vivante, avec des écureuils, des oiseaux et des grizzlis, est devenue calme comme un cimetière, une forêt fantôme", déplore Jesse Morgan, qui étudie ces arbres depuis des années.

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Cette forêt ne nourrit donc plus la faune. Surtout, elle ne fait plus d'ombre. Ce qui n'a l'air de rien mais reste pourtant essentiel pour conserver la neige tout au long de l’année. Désormais, elle fond plus vite au printemps. Or, la neige est le réservoir d'eau de la région, notamment pour irriguer les champs. Encore une illustration de l'effet papillon du réchauffement climatique. 

Europe 1
Par Xavier Yvon, édité par Margaux Baralon