Au Brésil, Jair Bolsonaro, grand favori de la présidentielle, reste invisible

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REPORTAGE - L'absence du leader de l'extrême droite de la scène médiatique, après une agression, galvanise ses soutiens à quelques jours du second tour.
REPORTAGE

Au Brésil, l’extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, est en passe de remporter l’élection de dimanche. Au terme d’une campagne présidentielle complètement atypique, le sulfureux Jair Bolsonaro reste totalement absent des médias traditionnels et loin de ses militants, après avoir été victime d’une agression. Cloîtré chez lui, le favori utilise désormais les réseaux sociaux pour faire passer ses idées, à coup de posts et de tweet souvent provocateurs.

"Il doit se ménager". "Devant la maison de "B17", ainsi que le surnomment ses soutiens – une référence à la touche 17 "Bolsonaro" sur l'urne électronique utilisée pour voter  – l'ambiance est bien loin des airs de samba. Une vieille jeep de l'armée brésilienne crache de la musique militaire, tandis que sur le bord de la route, la campagne militante s'improvise au chevet du leader convalescent. "Il est à l'intérieur. Vous savez, depuis son agression il doit se ménager", explique un soutien.

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Les réseaux sociaux, unique terrain de campagne. Le candidat d'extrême droite ne fait plus campagne qu'à distance. Ni interview, ni débat, pas de tractage ou de meeting non plus, mais des tweets accusateurs, parfois trashs, voire des vidéos très amateurs directement postées sur Internet où il opère de méticuleux déminages en guise de programme.

Un candidat "normal". La diète médiatique de Jair Bolsonaro, à quelques jours d'un scrutin décisif, fascine les foules. Vanessa, une sympathisante, est venue achetée un T-shirt à l'effigie de sa star : "Ici, Bolsonaro vit dans une maison normale comme nous les gens. Il n'a rien à voir avec tous ces voleurs de politiques", fait-elle valoir. L'équipe de campagne surfe d'ailleurs allègrement sur les scandales de corruption qui ont ébranlé la gauche ces dernières années . À côté des t-shirt et autres goodies posées sur les jeeps militaires, une caricature se rit de l'ex-président Lula en habit de taulard.

Europe 1
Par Sandrine Prioul, envoyée spéciale d'Europe 1 au Brésil, édité par Romain David