Barack Obama veut "détruire" l'Etat islamique

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avec AFP , modifié à
VIRAGE - Les Etats-Unis, qui renouaient jusque-là avec leur politique isolationniste, sortent de leur réserve face à l’Etat Islamique.

"Détruire l’EIIL". C’était il y a deux semaines seulement. Barack Obama déclarait que les Etats-Unis "n’avaient pas encore de stratégie" contre l’Etat islamique en Syrie. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le ton a clairement changé. Fini le mot d’ordre martelé par Obama "leading from behind" (diriger dans l’ombre)  qui fait écho à la politique extérieure américaine du début du XXeme siècle. Dans son discours prononcé depuis la Maison blanche, Barack Obama a dévoilé les objectifs de son "plan anti-jihad" établi contre l’EI : ils sont clairs, "affaiblir, et finalement détruire, l’EIIL (Etat Islamique d’Irak au Levant, l’autre nom de l’EI) via une stratégie anti-terroriste globale et soutenue".

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"Si vous menacez l’Amérique, vous ne trouverez aucun sanctuaire". Critiqué pour son manque d’engagement contre le gouvernement de Bachar El Assad, le double meurtre des journalistes américains a forcé le locataire de la Maison Blanche à sortir du bois.Malgré ce changement de ton, les moyens engagés, eux, n’impliqueront pas directement les troupes américaines au sol. Les jihadistes de l’EI seront traqués "où qu’ils soient" par une "campagne systématique de frappes aériennes". "Cela signifie que je n’hésiterai pas à agir contre l’EIIL en Syrie, ainsi qu’en Irak. C’est un principe central de ma présidence : si vous menacez l’Amérique, vous ne trouverez aucun sanctuaire", a rappelé le président.

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Le Congrès doit voter le plan. Les frappes aériennes sont déjà engagées en Irak depuis le début du mois d’Août. Mais Obama compte les étendre à de nouvelles zones, Syrie comprise. Il a annoncé l’envoi de 475 nouveaux conseillers militaires chargés d’encadrer les forces irakiennes. "Cette campagne de lutte contre le terrorisme sera menée via un effort constant et déterminé pour éliminer l'EIIL où qu'il soit en utilisant notre puissance aérienne et notre soutien à des forces partenaires sur le terrain", a déclaré le président.

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500 millions de dollars de budget. Au total, 1.500 Américains seront donc sur place dans la région, mais ils ont pour ordre de ne pas se mêler directement au combat. "Nous ne nous laisserons pas entraîner dans une autre guerre au sol en Irak", a prévenu Obama, qui avait fait du retrait total des troupes américaines du sol irakien l’un des piliers de sa politique extérieure. Coût total du plan, 500 millions de dollars, dont le financement sera soumis à l’approbation du Congrès.

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Kerry pour la réconciliation chiite/sunnite en Irak. Au même moment, en réunion à Jeddah avec les pays du Moyen-Orient, le secrétaire d’Etat John Kerry a rappelé que le gouvernement irakien devait être le "cœur et la colonne vertébrale de la lutte contre l’Etat islamique". Il s’est félicité du projet de réconciliation nationale initié par le nouveau premier ministre irakien, le chiite Haïdar al Abadi. Cependant, des voix discordantes se sont aussi fait entendre, comme celle de Moktada Al Sadr, qui dirige un puissant mouvement chiite. Le religieux a appelé les Irakiens à ne pas coopérer avec les occupants, désignés, à savoir les Etats-Unis.

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John Kerry, cheville ouvrière du plan anti-jihad. Le représentant de la diplomatie de Washington est donc la cheville ouvrière du plan annoncé par Obama. C’est à lui de convaincre les pays de la région, sur qui les Etats-Unis comptent, d’intervenir au sol avec l’appui des formateurs du Pentagone. Pour l’instant, l’Arabie Saoudite et la Jordanie proposent leur aide logistique, mais seules les milices chiites, les Kurdes, l’armée irakienne et l’armée syrienne libre semblent être prêts à s’engager dans un combat au sol contre l’EI.