Viol d'une adolescente dans l'Essonne : ce que l'on sait

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Les deux agresseurs sont mineurs, comme la victime. 1:23
Les deux agresseurs sont mineurs, comme la victime. © AFP
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Les deux adolescents soupçonnés d'un viol et de sa diffusion en vidéo sur les réseaux sociaux ont été placés en garde à vue samedi dans l'Essonne. La secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a appelé Twitter à prendre ses "responsabilités" et a réagi dans une interview accordée au "Parisien".

Deux jeunes mineurs sont soupçonnés d'avoir violé jeudi 19 décembre une adolescente dans l'Essonne, puis d'avoir diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux. Ils ont été placés en garde à vue samedi, a-t-on appris de sources policières. La secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a appelé Twitter à prendre ses "responsabilités". La victime, mineure également, habitant Grigny, a été identifiée. 

Que s'est-il passé ?

Les adolescents âgés de 16 et 17 ans sont soupçonnés d'avoir violé jeudi une adolescente dans une cage d'escalier à Morsang-sur-Orge dans l'Essonne. Ils sont également accusés d'avoir diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux vendredi, vidéo qui a été massivement signalée à la Plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements (Pharos).

La police nationale a donc diffusé vendredi un message sur Twitter appelant à ne pas relayer cette vidéo, et a assuré que les enquêteurs étaient mobilisés pour "identifier les auteurs de cet acte". Plus rapides que la police, des internautes ont reconnu les agresseurs, diffusant au passage leurs photos, noms et adresses. 

A 22 heures 30 à Morsang-sur-Orge dans l'Essonne, un groupe de jeunes s'est présenté chez celui qui a violé la jeune fille; un portable filme les négociations sur le pas de la porte, le père tient une batte de baseball mais accepte d'accompagner son fils au commissariat. Il a 17 ans et aucun antécédent. Le second adolescent en a 16 et a, selon les informations d'Europe 1, déjà été mis en cause dans une affaire de viol. Aux policiers venus l'arrêter un peu plus tard, il a dit qu'il n'avait rien fait, qu'il avait "juste" filmé.

"Ce sont des adolescents mais cela n'excuse rien", a réagi Marlène Schiappa dans une interview publiée samedi soir sur le site du Parisien. "Le respect des femmes doit s'appliquer à tous les âges et à tous les territoires de la République."

Quelle responsabilité pour Twitter ?

Dénonçant une "vidéo abjecte", la secrétaire d'Etat a mis en cause le réseau social Twitter. "Dès que j'en ai eu connaissance, j'ai immédiatement contacté Twitter pour qu'il la retire", a-t-elle expliqué. "Mais des copies circulent encore. Ce réseau social n'est pas à la hauteur, les criminels le savent, voilà pourquoi ils s'en servent", a déploré Marlène Schiappa.

"Force est de constater que le respect des lois et la sécurité des internautes n'est pas leur priorité. Malgré des plaintes, des milliers de signalements, des comptes de haine, sexistes, homophobes, racistes, sont toujours en ligne. Twitter doit prendre ses responsabilités", a-t-elle ajouté.

Que risquent ceux qui insultent la victime et retweetent la vidéo ?

Interrogée sur la nécessité de renforcer la loi, Marlène Schiappa a rappelé que "depuis l'an dernier, les internautes qui insultent des victimes peuvent être condamnés comme ceux qui retweetent ce type de vidéos", tout en s'indignant de lire "encore des commentaires" disant "que cette jeune fille n'a pas été violée car elle ne se débat pas".

"Ils n'ont aucune conscience de ce qu'est un crime", a-t-elle insisté, regrettant "un problème d'éducation" concernant la "notion de consentement" malgré le mouvement #MeToo.

Alors que de nombreuses femmes témoignaient sur Twitter depuis vendredi derrière le hashtag #Jaiétéviolée, la secrétaire d'Etat a assuré "comprendre totalement" celles qui dénoncent la mauvaise prise en charge des commissariats où elles vont porter plainte. "C'est pourquoi depuis deux ans, on travaille d'arrache-pied sur ce problème", a souligné Mme Schiappa, vantant la mise en place, "depuis 2019", de "formations obligatoires" sur "les violences sexistes et sexuelles" à destination des policiers et gendarmes.