PSA Poissy : neuf salariés condamnés à 5 mois de prison avec sursis pour séquestration

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Les salariés de PSA ont aussi été condamnés à verser 8.890 euros solidairement à la partie civile au titre du préjudice matériel et moral. (Illustration)
Les salariés de PSA ont aussi été condamnés à verser 8.890 euros solidairement à la partie civile au titre du préjudice matériel et moral. (Illustration) © DAMIEN MEYER / AFP
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Le 17 février, les neuf hommes s'étaient rendus dans le bureau d'un chef d'équipe afin de protester contre le nouveau poste attribué à l'un d'entre eux, tout juste revenu d'arrêt maladie.

Neuf salariés de l'usine PSA de Poissy, dans les Yvelines, dont huit délégués CGT, ont été condamnés chacun à cinq mois de prison avec sursis mercredi par le tribunal correctionnel de Versailles pour séquestration et violence en réunion commise sur un chef d'équipe. Le 17 février dernier, les neuf hommes s'étaient rendus dans le bureau de ce chef d'équipe afin de protester contre le nouveau poste attribué à l'un d'entre eux, tout juste revenu d'arrêt maladie. D'après eux, ses nouvelles fonctions étaient inadaptées à ses restrictions médicales.

Un syndicaliste aurait bloqué la porte. À l'issue de cette rencontre, l'agent de maîtrise s'était "effondré en larmes", selon un supérieur, avant de se voir prescrire sept jours d'ITT (incapacité totale de travail) et d'être arrêté deux mois. Ce chef d'équipe s'était senti "emprisonné" et "oppressé" durant ce huis clos, tandis qu'un syndicaliste bloquait l'accès à la porte, avait relaté la présidente à l'audience en novembre. Une version contestée par les salariés qui avaient affirmé avoir été "invités" par le chef d'équipe à entrer dans son bureau où, à l'issue d'une discussion "calme", l'agent de maîtrise aurait "reconnu" ne pas avoir "respecté la réglementation".

Les neuf salariés souhaitent faire appel. "Ce 17 février, les prévenus" ne se sont pas "comportés en syndicalistes" mais "en délinquants", avait estimé la procureure, parlant "d'un véritable coup de force". Les salariés de PSA ont en outre été condamnés à verser 8.890 euros solidairement à la partie civile au titre du préjudice matériel et moral. Ils ont enfin écopé de 300 euros d'amende chacun. Ils ont fait part de leur souhait de faire appel. "C'est injuste", "C'est la honte", ont lâché quelques salariés au prononcé du jugement. "La direction de PSA a aggravé la répression syndicale contre la CGT. La justice est aux ordres de Peugeot", a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT, présent au tribunal en compagnie d'une trentaine d'autres ouvriers de PSA. Après les faits, les neuf salariés avaient fait l'objet de procédures disciplinaires mais les licenciements avaient été invalidés par l'inspection du travail. Chacun d'entre eux avaient en revanche été mis à pied entre 4 et 8 jours.