Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Metz, Pantin, Bayonne... Les refus d’obtempérer se multiplient partout en France

Police nationale (Illustration).
Les refus d’obtempérer connaissent une hausse alarmante en France. Avec près de 25.000 faits recensés en 2024, soit un toutes les vingt minutes, ce phénomène ne se limite plus aux grandes agglomérations. Accidents graves, morts, policiers blessés : les forces de l’ordre dénoncent une impunité généralisée ne permettant pas d’endiguer le phénomène.

C’est un phénomène qui inquiète de plus en plus les forces de l’ordre. Les refus d’obtempérer explosent partout en France. En 2024, près de 25.000 faits ont été recensés, soit un toutes les vingt minutes. Encore la nuit dernière, près de Metz, un automobiliste est décédé après avoir forcé un barrage de police sur l’autoroute. 

 

Projeté sur plus de cinquante mètres, il n’a pas survécu à l’impact. Un drame de plus, dans une série d’événements similaires qui se multiplient sur l’ensemble du territoire.

Des auteurs généralement défavorablement connus de la justice

Lundi soir, à Drancy, en Seine-Saint-Denis, une voiture contourne un barrage de police à la sortie d’un entrepôt, un lieu connu des services pour être utilisé comme site de stockage de protoxyde d’azote. La fuite se termine par un grave accident. Le même soir, à Pantin, toujours en Seine-Saint-Denis, un motard refuse de s’arrêter à la vue des policiers, roulant jusqu’à près de 120 km/h sur le périphérique parisien, là où la vitesse est limitée à 70.

Le week-end dernier, à Bayonne, un automobiliste d’une trentaine d’années force à son tour un barrage de police avant de percuter un cycliste dans sa fuite. Dans chacun de ces dossiers, les auteurs sont défavorablement connus de la justice, souvent pour des faits liés au trafic de stupéfiants.

Des peines de prison peu appliquées

Pour Éric Henry, délégué national du syndicat de police Alliance, la situation a changé de dimension. "Aucun département n’est épargné, y compris dans les DROM-COM. Ça s’est démultiplié, délocalisé, exporté sur tout le territoire national. C’est devenu un fléau national. Ce sont désormais des faits de société et non plus de simples faits divers. Il y a urgence à siffler la fin de la récréation pour que ces individus soient sanctionnés à la hauteur de la gravité des faits". 

En théorie, les refus d’obtempérer sont passibles de deux à sept ans d’emprisonnement en cas de circonstances aggravantes. Mais dans les faits, ces peines seraient rarement appliquées, selon le syndicat. "Les individus ne sont ni condamnés à des peines fermes, ni à des amendes, ni à des dommages et intérêts. Les véhicules utilisés devraient être systématiquement saisis et détruits. Il faut une batterie de mesures dissuasives et répressives pour mettre fin à ce fléau", insiste Éric Henry.

L’an dernier, plus de 300 forces de l’ordre ont été blessées lors de refus d’obtempérer. Un chiffre qui illustre l’ampleur et la dangerosité d’un phénomène désormais installé dans le paysage sécuritaire français.