Effondrement d'un pont près de Toulouse : "C'est horrible, une vision d'horreur"

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Après l'effondrement d'un pont, lundi, à Mirepoix-sur-Tarn, qui a fait deux morts, une habitante, encore sous le choc, témoigne au micro d'Europe 1. Affirmant avoir "entendu des secousses" et un "gros 'boom'", elle décrit une "vision d'horreur". 
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Après l'effondrement, lundi dans la matinée, d'un pont routier enjambant le Tarn à Mirepoix-sur-Tarn, près de Toulouse, dans lequel deux personnes ont été tuées, dont une adolescente de 15 ans, une habitante sur place au moment du drame témoigne au micro d'Europe 1.  "C'est horrible, c'est une vision d'horreur. On a entendu des secousses, tout à l'heure, avant 8h30, un gros 'boom'", se souvient-elle.

"On l'utilise tous les jours"

Le pont de structure métallique est bien connu des habitants. "On l'utilise tous les jours, parce qu'il nous rapproche de Bessières (en Haute-Garonne, ndlr) et des axes autoroutiers. C'est le plus proche pour nous", détaille-t-elle. "Il y a des victimes, ce n'est pas étonnant, c'est l'heure de pointe. Tout le monde emprunte ce pont : ceux qui vont travailler à Toulouse ou encore ceux qui sont scolarisés dans des collèges". 

Le procureur de Toulouse Dominique Alzéari a fait état à la mi-journée d'une "disparition d'une personne qui est le conducteur du véhicule lourd qui s'est engagé sur le pont". Selon un bilan de la préfecture à 10h30, outre l'adolescente, trois personnes étaient "en urgence relative dont des témoins qui ont tenté de porter secours aux victimes". "Deux urgences relatives parmi les sapeurs-pompiers" ont aussi été recensées.

"Un suivi correct" du pont 

Un camion et une voiture se trouvaient au moment de l'accident sur ce pont suspendu franchissant le Tarn, construit au début des années 1930 et rénové en 2003 selon le Conseil départemental. L'ouvrage était interdit aux véhicules de plus de 19 tonnes.

Le camion retrouvé est "apparemment un porte-char, un type de véhicule transportant des grues". "A priori, c'est un véhicule lourd", a indiqué le maire de Mirepoix, Éric Oget, qui ne sait pas s'il fait plus ou moins que 19 tonnes, la limite autorisée sur ce pont. Mais, selon les premiers éléments de l'enquête, ce camion pourrait peser bien plus que la limite autorisée. "Ces ponts sont interdits aux véhicules de plus de 19 tonnes mais il est fréquent que des camions de plus gros tonnage les empruntent", a pour sa part relevé le président de la Communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin. Selon le Conseil départemental, le camion appartenait à une "entreprise de forage".

Le pont de structure métallique avait "fait, semble-t-il, l'objet d'un suivi correct", selon le procureur. L'ouvrage ne présentait "aucun problème de structure" lors de sa dernière inspection "détaillée en 2017" d'après le Conseil départemental. Le dernier contrôle a eu lieu en décembre 2018. L'ouvrage mesurait 155 mètres de long et 6,50 mètres de large. "Nous faisons des perquisitions chez le transporteur", a ajouté le procureur.

Le gouvernement a annoncé lundi le lancement immédiat d'une enquête par le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT). "À cette heure, on ignore encore les causes précises de l'accident", qui a fait un mort et au moins un disparu, a indiqué le ministère de la Transition écologique et solidaire dans un communiqué.

Europe 1
Par Benjamin Peter et Tiffany Fillon

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