Effondrement d'un pont près de Toulouse : "Il ne faut pas attendre des catastrophes pour réagir", alerte Hervé Maurey

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Hervé Maurey, sénateur de l'Eure et président de la mission d'information sur la sécurité des ponts, a réagi, lundi, sur Europe 1, à l'effondrement d'un pont à Mirepoix-sur-Tarn, qui a fait deux morts. Le sénateur pointe un manque de diagnostic sur l'état des ponts. 
INTERVIEW

Alors qu'un pont routier enjambant le Tarn s'est effondré, lundi, à Mirepoix-sur-Tarn, près de Toulouse (provoquant la mort de deux personnes, dont une adolescente de 15 ans et le conducteur du camion), Hervé Maurey, sénateur de l'Eure (Union centriste) et président de la mission d'information sur la sécurité des ponts, ne se dit pas surpris par une telle catastrophe. 

"Le rapport que nous avons remis au gouvernement au mois de juillet s'intitule Sécurité des ponts, éviter un drame, donc nous pressentions qu'il y avait une véritable dangerosité des ponts", pointe Hervé Maurey, ajoutant que, selon ce rapport, environ "29.000 ponts en France présentent une réelle dangerosité". 

"Un véritable Plan Marshall des ponts"

Pour régler ces problèmes, Hervé Maurey plaide pour "un véritable Plan Marshall des ponts", autrement dit pour des "moyens conséquents mis en oeuvre pour assurer la sécurité". Il plaide également pour que "l'État augmente ses crédits pour l'entretien de ses ponts". 

Il estime ainsi qu'un diagnostic doit être d'abord réalisé, c'est-à-dire "établir un véritable audit de l'ensemble de nos ponts puisque dans la plupart des cas, on ne sait même pas dans quel état ils sont." Dans un second temps, il demande une "remise à niveau de nos ponts pour éviter un drame, qui, malheureusement, a eu lieu ce matin". 

Selon le conseil départemental de Haute-Garonne, dont dépend l'entretien de l'ouvrage, ce pont "n'était pas répertorié comme un ouvrage sensible" et ne bénéficiait pas d'une surveillance particulière. "Cela illustre parfaitement le fait que l'on a une très mauvaise connaissance de l'état réel des ponts", réagit Hervé Maurey, expliquant qu'"il ne faut pas, comme on le fait souvent en France, attendre des catastrophes pour réagir".

Le souvenir de l'incendie du tunnel du Mont-Blanc

À ce sujet, il rappelle qu'à lui seul, l'incident dans le tunnel du Mont-Blanc avait provoqué une prise de conscience nécessaire. "On s'est préoccupés des tunnels à partir du moment où il y a eu, il y a une vingtaine d'années, la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc. À ce moment là, l'État s'est montré capable de dégager 130 millions d'euros par an pendant vingt ans pour remettre à niveau nos tunnels", explique Hervé Maurey. 

Pour trouver des solutions, le sénateur pense qu'il faut prendre exemple sur la gestion de la crise après cette catastrophe. "Il faut qu'il y ait un fond qui soit alimenté, chaque année, comme on l'a fait pour le tunnel du Mont-Blanc, pour que les 200.000 ponts qui relèvent des communes et des départements, fassent l'objet d'un diagnostic sérieux et qu'ensuite, il y ait des moyens pour aider les collectivités locales pour remettre en l'état ces ponts", défend-il. 

Une situation préoccupante dans les communes

Pour le moment, Hervé Maurey regrette le manque de ressources allouées aux différentes échelles décisionnaires. "Les départements ont à peu près les moyens de le faire parce qu'il ont des services techniques et un certain nombre de ressources, mais dans les communes, vous avez des contraintes budgétaires encore plus fortes et surtout vous n'avez pas les services et les compétences techniques internes pour suivre l'état des ponts et les remettre en état", se désole-t-il, affirmant avoir visité "certaines communes où les ponts avaient été purement et simplement fermés parce que les communes ne pouvaient pas faire les travaux nécessaires."

Europe 1
Par Tiffany Fillon