Ce que l'on sait de la cavale d'Adrien Derbez, le convoyeur de fonds qui s'était volatilisé avec 3 millions d'euros

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Le convoyeur de fonds de 27 ans, disparu à Aubervilliers tôt lundi matin, a été interpellé à Amiens mardi après-midi, avec une grande partie du butin volé. Les enquêteurs tentent de comprendre les raisons de son geste.

Sa fuite n'aura pas duré deux jours. Adrien Derbez, le convoyeur de fonds volatilisé lundi matin à Aubervilliers avec plus de 3 millions d'euros, a été arrêté mardi après-midi à Amiens par la PJ de Lille et leurs collègues de la BRI.  

Une vaine tentative de fuite. Quand il a compris qui toquait à la porte de sa planque, un appartement près de la gare d'Amiens, le convoyeur de fonds de 27 ans, employé de la société Loomis a tenté le tout pour le tout en prenant la fuite par la fenêtre. Mais son aventure a pris fin un étage plus bas, sur le balcon du dessous, arrêté par les gros bras de la BRI de Lille. Les policiers planquaient depuis peu devant cet immeuble de la rue du Pinceau où, avaient-ils entendu dire, le fugitif s'était replié.

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Trois interpellations à Amiens. Amiens est une ville familière pour le suspect, qui y vivait il y a quelques années, dans un autre quartier. Plusieurs de ses proches y habitent toujours. Selon les enquêteurs, Adrien Derbez, qui était par ailleurs connu au fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) pour "refus d'obtempérer" et "dégradations", pourrait même y avoir des complices.

Une femme de 29 ans a d'ailleurs été interpellée mardi alors qu'elle montait dans un monospace chargé de sacs de billets, une partie probable du butin. À son domicile d'Amiens ont été retrouvées les deux armes du convoyeur (une arme personnelle, ainsi qu'une arme longue de l'équipage de Loomis). Une autre femme, âgée de 50 ans, soupçonnée d'être l'hébergeuse du convoyeur, a été arrêtée un peu plus tard. Son frère de 28 ans a lui aussi été interpellé.

Depuis, les enquêteurs parisiens tentent d'y voir plus clair. Ils ont quatre jours pour interroger les gardés à vue, dont Adrien Derbez, pour comprendre ce qui a pu le pousser à fausser compagnie à ses collègues, lors de la tournée lundi matin, avec le fourgon. Ils souhaitent aussi savoir dans quelles poches devaient retomber les 3,1 millions d'euros dérobés à l'aube, à Aubervilliers.

Un geste "non prémédité" ? Du côté de ceux qui l'ont fréquenté au club de boxe thaï d'Amiens, où Adrien Derbez était vu comme un bon combattant et brillait de belles victoires, notamment en Thaïlande, c'est la stupéfaction. Pour Didier Jumel, son ancien entraîneur, interrogé par Europe 1, c'est même "incompréhensible". "Ça me rend triste car c'est quelqu'un que j'apprécie, quelqu'un de bien. Il avait un bon esprit, un bon fond. Ça ne reflète pas du tout la personne", soutient-il. Wahim, qui l'a lui aussi connu à la boxe lorsqu'Adrien Derbez suivait sa formation de convoyeur, veut croire que le geste de lundi n'était "pas prémédité". "Il a eu une chance qu'il a pu saisir. 3 millions d'euros, qui ne sauterait pas dessus ? Ce serait passé par la tête de n'importe qui."

Europe 1
Par Pierre de Cossette et Lionel Gougelot, édité par Anaïs Huet

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