Le Var : l’été indien sur l'eau en mode voile / Le pounti d’Auvergne
Vanessa, on profite de l’arrière-saison dans le Var, sur l’eau, en mode voilier à Saint-Tropez.
Où le temps reste assez estival jusqu’à la mi-octobre. C’est LE moment propice pour profiter du village qui s’est vidé, avec, en point d’orgue, l’événement de l’année. Il se déroule du 26 septembre au 4 octobre : Les Voiles de Saint-Tropez ! Un événement qui s’appelait autrefois la Nioulargue. La Nioulargue, c’est le nom d’une bouée située juste en face de la plage de Pampelonne, à proximité du Club 55. Je vous dis ça parce que c’est son propriétaire, Patrice de Colmont, qui a créé l’événement en 1981. Mais au départ, c’est simplement une course amicale entre deux types de bateaux, les Pride et les Ikra : l’un plus ancien, l’autre plus moderne. L’événement va rapidement devenir un rendez-vous annuel, d’abord sous le nom de Nioulargue, puis sous celui des Voiles de Saint-Tropez. En revanche, sur le plan d’eau, rien ne change : des yachts classiques et des voiliers ultra-modernes.
Et pour ceux qui ne pourront pas embarquer sur l’un de ces beaux voiliers,
les Bateaux Verts proposent aussi un programme pour approcher et suivre les régates des Voiles, à la demi-journée, le matin ou l’après-midi, au départ de Sainte-Maxime ou de Saint-Tropez.
Ce que peu de gens savent, c’est que Saint-Tropez a une grande histoire maritime.
C’est un peu le petit Saint-Malo du Sud, sans les corsaires, mais avec aussi de grands navigateurs qui ont marqué son histoire, comme le bailli de Suffren. Une histoire que l’on retrouve au Musée d’Histoire Maritime. Il est ouvert depuis une dizaine d’années et ce qui est doublement intéressant, c’est qu’il permet enfin de pénétrer dans la citadelle qui domine Saint-Tropez.
Et puis les peintres aussi ont un lien avec l’histoire maritime de Saint-Tropez.
Exact. Et qui dit Saint-Tropez dit Paul Signac. Eh bien, lui aussi a accosté en 1892 à bord de son yacht, L’Olympia. Il faut savoir également que la majorité des peintres – Matisse, Cross, Derain, Marquet – louaient les services des pêcheurs pour se balader en mer et trouver d’autres points de vue pour réaliser leurs œuvres. Ça fait partie, quelque part, de la naissance de la plaisance : on commence à naviguer pour le plaisir, pas seulement pour voyager ou pour travailler. Et leurs peintures, justement, vous pouvez les découvrir au Musée de l’Annonciade jusqu’au 18 octobre. Après, le musée fermera pour travaux.
Une adresse ?
Deux adresses : Le Sube, hôtel de légende avec une vue imprenable sur le port, ou Le Suffren, à Port Grimaud.
Fiche pratique : Les Voiles de Saint-Tropez, du 26 septembre au 4 octobre 2026 : www.lesvoilesdesaint-tropez.fr
Hôtel 3 étoiles Le Sube à Saint-Tropez : https://www.hotelsubesainttropez.com/
Hôtel 4 étoiles Le Suffren, au bord des canaux à Port Grimaud, avec une connexion à Saint-Tropez par bateau : https://www.hotel-suffren.com/
Les Bateaux Verts : www.bateauxverts.com/excursions/
Aujourd’hui, je vous emmène en Auvergne, avec un plat qui ne ressemble franchement à aucun autre : le pounti… Qui connaît ?
Le pounti, c’est une spécialité surtout associée au Cantal. Et quand on le regarde, on se demande un peu à quelle famille il appartient. Ce n’est pas vraiment un pâté, ni vraiment un flan, ni vraiment un cake salé. C’est un peu tout cela à la fois.
La base, c’est une pâte assez simple, avec des œufs, du lait et de la farine. On y ajoute du porc, des feuilles de blettes – ou des épinards –, du persil, de l’oignon… et surtout des pruneaux.
Et là, évidemment, on se dit : des pruneaux avec du porc et des blettes, quelle drôle d’idée !
Eh bien justement, tout l’intérêt du pounti est là. Le pruneau apporte une petite douceur, avec une légère acidité, qui vient équilibrer le gras du porc et le côté végétal des blettes. À la découpe, c’est très reconnaissable : une tranche assez dense, verte à l’intérieur, avec les gros pruneaux presque noirs qui apparaissent au milieu.
À l’origine, c’est vraiment une cuisine de campagne. Une cuisine où l’on ne jette rien et où l’on fait avec ce que l’on a : les légumes du jardin, les restes de viande, parfois même du pain rassis trempé dans du lait. Comme souvent avec les recettes paysannes, il existe donc beaucoup de variantes. Chaque famille, ou presque, pouvait avoir sa propre manière de préparer le pounti.
Autre avantage : il se mange de plusieurs façons. Tiède, à la sortie du four, avec une salade verte, c’est très bon. Froid, le lendemain, ça fonctionne aussi. Mais le meilleur, à mon goût, c’est de le couper en tranches épaisses et de les faire revenir doucement à la poêle. On obtient alors une petite croûte croustillante à l’extérieur, tandis que l’intérieur reste très moelleux.
Et surtout, c’est extrêmement simple à faire.
Pour six personnes, comptez environ 200 grammes de viande de porc ou de lard, quelques belles feuilles de blettes, un bouquet de persil, un oignon, cinq œufs, 300 grammes de farine, environ un demi-litre de lait et 250 grammes de pruneaux.
On hache le porc, les blettes, le persil et l’oignon. À côté, on mélange les œufs avec la farine, puis on verse progressivement le lait pour obtenir une pâte assez épaisse. On incorpore le hachis, on sale modérément, on poivre, puis on ajoute les pruneaux.
Tout cela part dans un plat beurré, au four, autour de 200 degrés, pendant environ 40 à 50 minutes, selon l’épaisseur.
Et s’il vous en reste le lendemain, surtout, ne le jetez pas. Deux tranches dans une poêle avec une noix de beurre, quelques minutes de chaque côté : c’est presque encore meilleur.
Le pounti, finalement, c’est exactement ce que la cuisine auvergnate sait faire de mieux : peu d’ingrédients, pas de chichi, mais beaucoup de goût !
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