La révolte des premiers de la classe de Jean-Laurent Cassely

SAISON 2016 - 2017
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Chaque soir, Nicolas Carreau nous emmène à la découverte des plus belles nouveautés littéraires.

 

La révolte des premiers de la classe de Jean-Laurent Cassely aux éditions Arkhé

On réfléchit sur notre travail.

Le livre s’appelle La révolte des premiers de la classe, aux éditions Arkhé, signé Jean-Laurent Cassely. Il est journaliste. Sous-titré : "Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines".

C’est un livre qui parle des cadres supérieurs qui se mettent à l’artisanat ?

Exactement. Le type qui travaille dans la com’, dans le marketing. Bref, dans un bureau d’une grande entreprise et qui a l’impression, à force de discuter par mails avec ses collègues, de perdre complètement le rapport à la réalité, au concret. Alors, il plaque tout et passe un CAP de pâtisserie ou de mécanique ou qui apprend l’ébénisterie pour changer de job et de vie. On collectionne ce genre d’histoires. Il y a souvent ce genre de portrait dans la presse.

Mais ce sont des cas rares quand même, non ?

C’était. Et c’était même une transgression sociale de rétrograder son niveau d’éducation. Un peu tabou, même. Mais aujourd’hui, ce que nous explique Jean-Laurent Cassely, c’est que ce mouvement n’est pas seulement une lubbie de bobo ou de hipster en mal de bonnes vibrations ou en quête de concret. C’est un mouvement de fonds, générationnel.

Et ça marche ?

Le danger numéro 1, ce serait d’idéaliser ce genre de démarches. C’est dur. Très dur parfois même de changer de milieu, d’entourage. Comme pour Stéphanie qui travaillait dans une agence de com’ à Paris et s’est retrouvée du jour au lendemain, seule, à Neufchâteau dans les Vosges pour travailler dans un atelier de tapissier, un univers d’hommes. Elle a eu le droit à des : "pas de meufs dans le métier". Il faut être motivé, préparé, mais ça peut très bien se passer aussi ! Il y a beaucoup d’exemples dans ce livre. Cette tendance crée un nouveau mode de travail. Au début du livre, Jean-Laurent Cassely pose la question : faut-il vraiment passer un CAP cuisine après Sciences Po. La réponse, à la fin du livre, est oui.

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