Cahiers de l’Herne de Michel Houellebecq : l'indispensable pour ceux qui aiment l'auteur

SAISON 2016 - 2017
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Chaque soir, Nicolas Carreau nous emmène à la découverte des plus belles nouveautés littéraires.

 

Cahiers de l’Herne de Michel Houellebecq

Un Houellebecq un peu particulier.

Ce n’est pas un roman. L’écrivain a le droit à son Cahier de l’Herne, grand format de 400 pages. Seuls les grands écrivains ont le droit à cet égard. Les cahiers de l’Herne, c’est une sorte de portrait par les textes et les auteurs.

Qu’est-ce qu’on y trouve alors ?

Des textes inédits de Houellebecq et notamment des poèmes, des entretiens avec des journalistes aussi. Sa passion pour certaines chansons de variétés, par exemple, mais aussi sa vision de la littérature. Des textes d’autres écrivains qui parlent de lui ou des témoignages de ceux qui l’ont côtoyé ou ont travaillé avec lui, comme Guillaume Nicloux, le cinéaste. Il a tourné un film intitulé L’enlèvement de Michel Houellebecq dans lequel l’écrivain joue son propre rôle. Guillaume Nicloux revient sur leur rencontre, leurs liens. Il retient notamment une chose essentielle de son expérience : Michel Houellebecq ne s’ennuie jamais. "On peut le poser sur un tronc d’arbre et le laisser une heure, il sera toujours là quand on viendra le rechercher. Il aura sans doute bougé d’un mètre, fumé peut-être un paquet de cigarettes en creusant la terre avec ses chaussures et puis observé une limace". Il est curieux de tout, il écoute beaucoup. Il parle d’un souvenir du film aussi, quand il demande à Michel Houellebecq de se laisser mordre par un gros chien dressé. L’écrivain dit "Oooh non" et le cinéaste lui répond : "ben, si". Et Michel le fait, dit-il, alors que Luc Scwarz, le mafieux gitant n’était pas du tout prêt à tenter l’expérience.

C’est un portrait vraiment décalé ?

Oui. On apprend plein de choses, parfois un peu annexes, de la vie de l’écrivain. Mais c’est ce qui rend ce livre passionnant. Il faut lire aussi un abécédaire qui lui est consacré. Il réagit à différents mots, différentes notions. Comme à la lettre k, comme Kitsch. "Idéalement, je devrais réussir à devenir kitsch". Quand c’est vraiment réussi, l’art consiste à produire de nouveaux clichés, donc si ce que je fais est vraiment réussi, cela devrait être considéré  comme une source de kitsch futur.

Indispensable pour ceux qui aiment Houellebecq et tous ces textes. Ces témoignages sont à retrouver dans le Cahier de l’Herne qui lui est consacré.

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