"Sur Facebook, je suis tombé sur des photos de moi bien pénétrée par la bière de Noël"

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel. En ce lundi c'est les traces que l'on laisse sur les réseaux sociaux. 

Pour ne rien vous cacher Raphaëlle, j’ai passé tout le week-end en position latérale de sécurité en m’arrachant des petites touffes de cheveux. Cet état de sidération également appelé « grosse envie de se pendre » est née après une sombre découverte. Je suis tombée par hasard, sur un nouvel outil. Un projet artistique même, intitulé Life in Review. Il permet d’explorer toutes les données que nous avons individuellement accumulées sur Facebook. C’est très facile. En à peine quelques clics, vous vous retrouvez subitement confronté à tout ce que vous avez pu poster depuis votre inscription sur le réseau social. Une expérience qui n’est pas sans rappeler ce moment ou vous repêchez dans la bonde de votre lavabo, une touffe de poils dégueus agglomérés au savon. Toutes les photos, les statuts, les commentaires et les événements que vous avez partagés vous sautent littéralement au visage.

Moi qui suis très soucieuse de mon e-reputation et de la protection de mes données personnelles, (j’ai un autocollant Free Edward Snowden sur mon Mac),  je m’attendais à découvrir un moi numérique brillant et pertinent. Des statuts Facebook subtils et parfaitement bilingues, des photos de moi, où je suis a mon avantage : en train de lire le monde Diplo par exemple, avec les cheveux brillants et un petit air pénétré. Et bien pas du tout. Je suis surtout tombée sur des photos de moi bien bien pénétrée par la bière de Noel, en train d’allumer une clope à l’envers et de négocier un bouquet de rose à un vendeur tamoul.

C’est ce qu’on appelle les cyber-hontes, qui telles, une vieille photo de classe de vous avec la frange asymétrique et un sous-pull qui gratte, menace de vous péter à la gueule à tout moment. D’ou la fronde des protecteurs du droit à l’oubli numérique. Je rappelle en effet que Facebook est le site le plus concerné par les demandes de suppression de contenus liés à la vie privée. Car Internet n’oublie jamais. Il n’oublie pas les photos de vous postées par vos proches et pour lesquels ils ont bien pris soins de vous identifier. Il n’oublie pas non plus, qu’il y a cinq ans, vous étiez beaucoup moins snob en termes de gouts musicaux. Aujourd’hui, vous cliquez sur "Participer au concert de violon baroque à la Philarmonie" sur FB. Il y a quatre ans, vous avec liké une vidéo des Enfoirés chantent Noel, au premier degré et aimé la fanpage de Larusso. Allez faut que je vous laisse, je dois allez saisir la CNIL pour faire oublier une sombre histoire de photo de moi impliquant la Macarena et un sombrero.