Record du plus long vol de l'Histoire : "C'est contre-nature, aussi bien pour l'environnement que pour les passagers"

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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La compagnie aérienne australienne Qantas a réalisé ce weekend le vol le plus long sans escale entre New York et Sydney, soit 19 heures dans les airs. Un test qui précède une volonté de ligne commerciale, mais pour Axel de Tarlé, ce record est contre-nature.

Le monde bouge : Axel de Tarlé. C'est le vol le plus long de l'histoire aéronautique : un Boeing de la compagnie australienne Qantas a relié New-York à Sydney en 19 h et 16 minutes sans escale !

Pour l'instant, il ne s'agit que d'un vol test avant l'ouverture d'une ligne commerciale en 2022. Puis, Qantas compte également ouvrir une ligne depuis Sydney vers l'Europe : Londres, Paris et Francfort. Là ce sera plutôt 20 heures de vol, toujours sans escale ! Ça parait fou. Au décollage, naturellement les réservoirs sont chargés à bloc. Il y a 100 tonnes de kérosène dans l'avion, ce qui représente quasiment la moitié poids total de l'appareil. Ce qui veut dire qu'on est en pleine asburdie : près de la moitié du kérosène consommé, sert à porter le kérosène lui-même ! 

Et puis pour les organismes, 19 heures de vol sans escale ce doit être terrible ! A un moment, on a envie de se dégourdir les jambes, de "prendre l'air" !

Oui, 19 heures de vols, ça veut dire 3 repas, et combien de films, de livres ? Sauf qu'à un moment, effectivement, on en n'en peut plus.  D'ailleurs pendant ce vol test, des scientifiques étaient justement à bord pour voir comment les organismes réagissent ainsi à un vol 20 heures, dans un avion où la pression atmosphérique est inférieure à la normale, ce qui contribue à la fatigue. 

Et puis, il faut gérer le décalage horaire qui, dans ce cas précis, est assez lunaire : en traversant l'Atlantique, depuis les Etats-Unis vous perdez une journée. Vous décollez le vendredi soir, la journée de samedi est rayée de la carte, et vous arrivez le dimanche.

En fait, on réalise que tout cela est très contre-nature, aussi bien pour les passagers que pour l'environnement. A l'heure de la "honte de voler" et de Greta Thunberg, cet avion aura consommé 125.000 litres de carburant. Ça fait quand même réfléchir. Ce genre de performance, qui défie la nature, fait très XXème siècle. Il faut se rendre à l'évidence : l'Australie est une terre lointaine, et elle doit le rester. On n'y va pas d'un claquement de doigt !