La fin de l'eldorado en Chine pour les industriels français

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© Europe 1
Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Les constructeurs automobiles Renault et Peugeot-Citroën renoncent au marché chinois, où ils n'ont jamais réussi à s'imposer. Un nouvel échec pour les entreprises françaises dans ce pays d'Asie, désormais perçu comme une menace. 

Renault renonce à La Chine. La marque au losange, comme Peugeot-Citroën, n'a jamais réussi à s’imposer sur le marché chinois. 

L’un comme l’autre pèsent à peine 0,5 % du marché. Donc, Renault abandonne les voitures thermiques, et ne vendra plus en Chine que des voitures électriques ou des utilitaires. Autant dire un micro-marché. De même, Peugeot-Citroën a dû se séparer de deux usines. D’autres Français ont connu les mêmes déconvenues. Carrefour, par exemple, a quitté la Chine en juin dernier.

En fait, pour faire simple, les seuls français qui ont vraiment réussi en Chine, ce sont nos géants du luxe (et Airbus). Mais, pour tous les autres, le pays s’est révélé décevant. Un marché, très dur, très fermé.

Pourtant, la Chine est un immense marché (1,4 milliards d’habitants). Comment peut-on y renoncer ?

Justement, quelque chose a changé dans la tête de nos dirigeants. Jusqu’à présent effectivement, la Chine était vue comme une terre de conquête, un eldorado. C’est fini. La Chine est maintenant perçue comme une menace dont il faut se protéger. 

Dans l’automobile, c’est flagrant. Nos constructeurs redoutent l’invasion en Europe des voitures chinoise à bas coût, comme c’est arrivé dans le pneu. Et Jean Dominique Sénart, actuel patron de Renault, et ancien patron de Michelin, sait de quoi il parle. 

Mais il y a plus grave. On craint maintenant que les Chinois ne rachètent nos constructeurs au sortir de cette crise, comme ils ont racheté Volvo après la crise des subprimes et pris 10 % de Daimler-Mercedes. C’est d’ailleurs une vraie crainte du gouvernement français, surtout après le Krach boursier du coronavirus. En Bourse, Renault par exemple ne vaut plus que cinq milliards d’euros, une bouchée de pain. 

Mais fait nouveau, l’Europe, qu’on disait libérale et ouverte au monde, a changé de doctrine et appelle maintenant à faire barrage aux appétits chinois. Oui, quelque chose a fondamentalement changé. C’en est fini de l’Europe conquérante, avec notre Cac 40 à l’assaut du monde. Désormais, c’est tous abris, bien protégé dans la forteresse Europe.