En 10 ans, la consommation de viande a chuté de 12%

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Nous mangeons de moins en moins de viande, on constate une baisse de 12% de la consommation en 10 ans.

Ce chiffre a été dévoilé par le Crédoc.
Dans le détail, on constate que la viande rouge de boucherie voit sa consommation baisser de 21% en 10 ans. Nous n'en consommons plus que 46 grammes par jour soit environ deux steaks par semaine.
La charcuterie, elle, baisse de 17% sur 10 ans.
Seule la volaille résiste à cette diminution de la consommation de viande.
Il y a deux raisons à cela. Tout d'abord, le mouvement végétarien ainsi que le bien-être animal.
Ensuite, l'idée s'est encrée que la charcuterie et la viande rouge pouvaient être mauvaises pour la santé. L'OMS les a notamment classées comme cancérogène probable si bien que notre regard sur la viande a changé.
Autrefois, manger de la viande tous les jours était le signe d'une certaine aisance. Aujourd'hui, c'est le contraire. Ça fait très chic de dire qu'on est "Flexitarien", un végétarien flexible qui mange un peu de viande de temps en temps.

Nos éleveurs ont du soucis à sa faire si la consommation de viande continue de baisser !

Justement non et c'est ça l'excellente nouvelle car il n'y a pas de rejet de la viande en tant que telle.
90% des Français jugent que c'est un aliment "nourrissant", "qui a du goût" et "qu'on a plaisir à manger" mais avec parcimonie. En clair, fini le steaks industriels tous les jours. En revanche, pourquoi pas une bonne cote de bœuf le week-end.
On observe avec la viande ce qui s'est passé avec le vin. On consomme moins, mais mieux. Le vin de table a cédé sa place à la bonne bouteille, que l'on ouvre une fois par semaine.
C'est une chance pour nos éleveurs qui, comme nos viticulteurs, ont fait le choix du haut de gamme à l'opposé du modèle productiviste des Pays-Bas ou d'Allemagne, avec des fermes usines de 4.000 vaches.
Cette évolution vers la qualité plutôt que la quantité est donc finalement une excellente nouvelle pour nos éleveurs, notre santé et le bien-être animal.