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Sanofi convoite le petit laboratoire suisse Actelion et la guerre des jupes à la Knesset : les experts d'Europe 1 vous informent

Les experts Europe 1

15 décembre 2016

Episode - 00 minutes - Société

Description de l'épisode

Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.


Axel de Tarlé, expert économie

L'histoire étonnante d'un petit laboratoire créé par un couple de Français, il y a une vingtaine d'année, en Suisse.
Un "petit" labo qui vaut aujourd'hui 20 milliards d'euros et que tous les grands noms de la pharmacie s'arrachent.

À la base, on a deux chercheurs français, Jean-Paul et Martine Clozel, qui travaillaient chez Roche en Suisse. Ils y découvrent une molécule très prometteuse, le Bosentan, mais Roche n'y croit pas.
Du coup, les deux Français lancent leur propre labo, Actélion, une start-up, à Bale en suisse en 1997.

Aujourd'hui, Actelion compte 2.500 salariés. avec des médicaments miracle, notamment, pour guérir certaines maladies rares, ou des maladies du cœur. Ce sont des traitements vendus très cher environ 50.000 euros par personne et qui sauvent des vies.

C'est pour ça que tous les grands labos du monde veulent racheter Actélion ?

Exactement. Le géant américain Johnson et Johnson est prêt à mettre 20 milliards d'euros pour les racheter. 20 milliards, c'est à dire plus cher que la valeur d'un groupe comme Carrefour ou Michelin qui valent 17 milliards.

Mais, on dit maintenant, que c'est le Français Sanofi qui est sur le point de convaincre le couple Cluzel de vendre en leur garantissant, bien sûr, une très large indépendance pour ne passer casser la dynamique de leur entreprise.
Car aujourd'hui, ce n'est plus dans les grands labo, mais dans les petites structures ou les start-up, que se fait l'innovation.

En tous les cas, cette histoire montre la qualité de la recherche et des chercheurs français.
Dommage simplement qu'il n'ait pas créé Actelion en France, mais le couple Cluzel explique que la Suisse est un paradis pour entreprendre contrairement à la France.

Sophie Larmoyer, experte international

C’est une polémique un peu particulière qui agite ces derniers jours le parlement israélien, le Knesset, et que les médias n’ont pas tardé à appeler "la guerre des jupes". Que se passe-t-il avec les jupes ?

Hier, des collaboratrices du parlement israélien se sont donné le mot pour venir habillées en jupes ou en robes. Car depuis dimanche, plusieurs assistantes parlementaires se sont vues refuser l’accès au bâtiment, et donc à leurs bureaux, au motif que leurs jupes étaient trop courtes. Hier, entre 10 et 15 femmes n’ont pas pu entrer, pour les mêmes motifs avec, pourtant, des vêtements qu’elles avaient déjà souvent portés pour travailler.

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de longueur de jupe ?

"C’est le règlement", répond la direction de la Knesset. Règlement qui a été modifié tout récemment et qui précise désormais ce qui n’est pas considéré comme une "tenue décente". Et les jupes ou robes courtes y ont été rajoutées.

C’est comment une "jupe courte" ?

Cinq centimètres au-dessus du genou d’après le règlement de la Knesset.

Donc ces femmes et certains députés ont manifesté dans le hall pour dénoncer un code vestimentaire "discriminatoire envers les femmes". Un député a même enlevé sa chemise et s’est retrouvé en maillot de corps pour montrer l’absurdité de la situation. Puis une élue a parlé d’une tentative d’imposer des "normes fondamentalistes". Et là on touche du doigt, au-delà de cette petite agitation, anecdotique, ce qui pourrait devenir un problème en Israël.

C’est-à-dire le poids grandissant des ultra-orthodoxes dans la société ?

Exactement ! Dans les quartiers de ces "hommes en noirs", déjà, hommes et femmes ne marchent pas sur le même trottoir, ne s’assoient pas du même côté du bus. Des inscriptions disent aux femmes comment elles doivent s’habiller. Il n’y a plus une image féminine sur les panneaux publicitaires, elles doivent disparaitre du paysage. Ces ultrareligieux représentent 10% de la population israélienne mais leur poids démographique et politique augmente. Ils sont dans la coalition gouvernementale de Netanyahou, à qui ils imposent certaines décisions et parfois leurs règles. Donc porter des jupes au-dessus du genou dans l’enceinte du Parlement, pour ces femmes, c’est aussi défendre une certaine idée de la société israélienne.

Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le vrai-faux de l’Info avec Jean-Pierre Raffarin.

Jean-Pierre Raffarin : "Les Français sont le peuple qui consomme le plus de médicaments".

Nous sommes le peuple qui consomme le plus de médicaments, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est une affirmation que l’on entend très souvent, mais qu’on ne peut pas vérifier puisque tous les pays n’ont pas les mêmes standards. Les Américains, par exemple, dépensent énormément pour leurs médicaments, plus de 1.000 dollars par an et par habitant. Mais est-ce que cela veut dire qu’ils avalent plus de pilules ? Les prix variant beaucoup d’un pays à l’autre et on ne compte pas de la même façon. Bref, on n’en sait rien. En Europe, on compare aussi les dépenses. L’OCDE vient de publier ses dernières statistiques et la France reste dépensière, avec 467 euros par an et par habitant, bien au-dessus de la moyenne européenne, mais l’Allemagne et l’Irlande nous sont passées devant. 

Donc nous ne sommes pas les plus dépensiers. Mais est-ce que l’on consomme plus ?

En Europe, probablement, selon les données que retiennent les comptes nationaux de la santé, qui comparent la France à sept autres pays équivalents. On dépense moins que les Allemands, mais on avale plus de médicaments : 1390 unités par habitant en 2014, c'est plus que que nos voisins, qui, en outre, n’achètent que 19 boîtes chez leur pharmacien chaque année contre 44 pour un Français. 

Cela dit, et contrairement à ce qu’on constatait dans les années 2000, nous ne sommes plus en tête dans toutes les familles. Les Français d’aujourd’hui consomment moins d’antidépresseurs que la moyenne, moins de médicaments contre le cholestérol ou l’hypertension. Ce n’est pas que l’on en achète moins mais, les autres ont vraiment augmenté leur consommation. On reste toujours en revanche, de gros consommateurs d’antibiotiques, au risque que des résistances se développent. Seuls les Grecs et les Roumains en avalent plus que nous. Pour résumer, les politiques de modération et de déremboursements ont bien eu des effets, mais il reste des problèmes. L’Agence nationale de Sécurité du Médicament évalue par exemple le coût de la surconsommation d’antibiotiques à 500 millions d’euros.

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