Une intelligence artificielle qui imite l’écriture à partir d’un seul mot écrit à la main

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L'innovation du jour est une chronique de l'émission Europe Matin - 5h-7h
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Chaque jour, Anicet Mbida nous fait découvrir une innovation qui pourrait bien changer notre façon de consommer. Ce mardi, il s'intéresse à une intelligence artificielle qui imite l’écriture à partir d’un seul mot écrit à la main. Selon lui, cette innovation pose une véritable question éthique.

L’innovation du jour va faire hurler les graphologues. Vous avez trouvé une intelligence artificielle capable d’imiter n’importe quelle écriture à la perfection.

C’est d’ailleurs très simple : vous prenez en photo un mot dans l’écriture que vous souhaitez copier. Vous tapez votre texte sur un ordinateur. Et comme police de caractères, vous choisissez la fameuse photo. Instantanément, il va redessiner les lettres dans le même style que ce que vous avez photographié.

C’est extrêmement bien fait. Le programme apprend les caractéristiques de l’écriture et arrive à reproduire n’importe quelle lettre, même s’il ne l’a jamais vue. Tout cela, uniquement, en analysant le style de ce qui a été photographié.

Ce n’est pas très rassurant. Ça va permettre de faire des faux en pagaille.

Heureusement, il ne copie pas encore les signatures. Mais cela ne saurait tarder.

Pour Anicet Mbida, cela démontre le principal problème de la recherche actuelle en matière d’intelligence artificielle : il n’y a aucune éthique. Contrairement à ce qu’il se fait en recherche médicale, les chercheurs peuvent ouvrir n’importe quelle boite de Pandore, personne ne dit rien.

Cela a commencé avec les "Deep Fake", cette technologie qui permet de plaquer le visage de n’importe qui, sur le corps d’un d’autre. La première fois qu’elle a été utilisée, c’était pour coller la tête d’une actrice célèbre sur le corps d’une actrice porno. Aujourd’hui, la technologie est à la portée de n’importe qui.

Il serait temps que les chercheurs s’autorégulent. Car avec l’intelligence artificielle, on sait désormais imiter la voix de n’importe qui, créer des visages de toutes pièces, faire de vraies fausses cartes satellites. Cela pourrait très mal finir.

Pourtant l’Europe essaie de réguler l’intelligence artificielle.

Oui, mais pas les États-Unis ni la Chine. C’est pourquoi Anicet Mbida insiste sur l’éthique, sur des règles mondiales comme en médecine. Il devait y avoir des recherches que l’on s’interdit de mener.

C’est peut-être utopique, mais la technologie doit, avant tout, servir le bien commun.