La gauche en ordre dispersé pour la présidentielle

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce lundi, il s'intéresse à la semaine décisive qui début pour les quatre principaux partis de gauche. Le Parti socialiste, la France Insoumise, le Parti communiste et les verts d’Europe-Ecologie se réuniront autour d’une table pour discuter de l'union de la gauche, samedi prochain, à l'initiative de Yannick Jadot.

C’est une semaine importante pour l’avenir de la gauche en France.

Avec plusieurs rendez-vous cruciaux en vue de l’élection présidentielle de l’an prochain. L’objectif de ces grandes manœuvres est de voir si les quatre principales forces de gauche peuvent s’unir, ce qui serait pour elles le seul moyen d’espérer perturber le duel annoncé au second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Les quatre principaux partis, c’est-à-dire ?

Le Parti socialiste, la France Insoumise, le Parti communiste et les verts d’Europe-Ecologie. C’est d’ailleurs Yannick Jadot qui est le plus actif pour organiser cette union de la gauche. Il se démène et il a réussi un petit tour de force : mettre les principaux dirigeants de ces quatre partis autour d’une table pour discuter avenir commun, samedi prochain.

Avec des chances d’obtenir un résultat, ou le début d’un accord ?

Non, à peu près aucune chance. Cette réunion sera un grand moment de théâtre, avec jeux de rôle et arrière-pensées.

Du côté des communistes, on a en effet déjà un candidat, il a été désigné ce dimanche. Ce sera Fabien Roussel, le Secrétaire national du PC. Lui n’a pas d’états d’âme. En attendant d’être confirmé par les militants dans un mois, il proclame qu’il sera candidat quoi qu’il arrive.

Au PS, c’est un peu l’inverse : Olivier Faure, son Premier secrétaire passe son temps à dire qu’il est prêt à s’aligner derrière meilleur que lui, en l’occurrence derrière un écolo. Ce qui, naturellement, n’est pas du tout du goût d’Anne Hidalgo qui, malgré des sondages de misère, fait tout au contraire pour apparaître comme la candidate naturelle.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il sait que cette échéance de 2022 sera sa dernière grande bataille (il a 70 ans), et rien ne l’empêchera d’être candidat. D’ailleurs, il n’a pas beaucoup de considération pour ses partenaires.

Et les Verts ?

Comme toujours avec eux, c’est compliqué. Yannick Jadot brûle de réaliser l’union, derrière lui bien sûr au prétexte que les Français sont tous devenus ultra pro-écologie. Bref, ce serait son moment. Sauf qu’il doit convaincre ses partenaires, mais aussi son propre parti, EELV qui lance aujourd’hui sa propre plate-forme. Le maire de Grenoble Eric Piolle qui, malgré un score ridicule de 2% dans les sondages, réclame une primaire et prétend incarner le Vert le plus vrai, un vert qui tire nettement vers le rouge gauchiste.

Effectivement, tout ça ne donne pas une grande impression d’union.

Non, ce qui les conduit tous inexorablement à l’échec. Les sondages sont d’ailleurs cruels. Jamais la gauche en France n’a été aussi faible, autour de 28% des intentions de vote. Jamais elle n’a paru aussi dépourvue de leader naturel capable de s’imposer aux autres patrons de la gauche, ou d’un parti dominant clairement les autres (ce qui lui donnerait une légitimité pour être le rassembleur). Et cela au moment où les valeurs au top des préoccupations des Français sont la solidarité et l’écologie. Que la gauche soit incapable de transformer ces aspirations en vote est un des grands mystères du moment.