Rentrée : le prix du croissant s'envole, les boulangers craignent une "pénurie" de beurre

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En grandes surfaces, le prix du beurre a notamment augmenté de 7% en début d'été.

Pour la rentrée, le prix du croissant et des viennoiseries s'envole en raison de la hausse spectaculaire des prix du beurre ces derniers mois. Les boulangers et fabricants de biscuits sonnent l'alarme sur une "pénurie" de beurre dans l'agroalimentaire.

+172% en 20 mois. Après une augmentation de 172% en 20 mois du prix du beurre industriel, qui continue d'augmenter, les boulangers et industriels de l'agroalimentaire "doivent pouvoir augmenter leurs prix de vente", a averti mardi la Fédération des entreprises de boulangerie (FEB). "C'est la seule solution pour pérenniser la viabilité des entreprises" touchées "de plein fouet" par la hausse mondiale du beurre, ajoute la FEB.

"Nous avons ajouté 10 centimes par croissant au beurre à la rentrée", a confirmé une boulangerie parisienne du 15e arrondissement, qui vend désormais le croissant à 1,15 euro au lieu de 1,05 euro au printemps, et dont la dernière augmentation des tarifs remontait à deux ans et demi. En grandes surfaces, le prix du beurre a augmenté de 7% en début d'été, a par ailleurs indiqué mardi à Paris la présidente du principal syndicat agricole français FNSEA, Christiane Lambert. L'augmentation du beurre industriel sera aussi répercutée sur les autres produits alimentaires utilisant du beurre, notamment la biscuiterie.

Plus de beurre AOP français disponible. Au delà de la flambée des prix, la Fédération des entreprises de boulangerie s'inquiète aussi d'une possible "pénurie" de beurre disponible. "Des premiers cas de pénurie ont déjà été signalés ces derniers jours", indique son communiqué, chez les grossistes en beurre qui vendent aux industriels. "La pénurie n'est pas perceptible dans la grande distribution par le consommateur lambda, mais pour les industriels il n'y a plus de beurre AOP français disponible", a précisé Mathieu Labbé, délégué général de la FEB. "Nous alertons les pouvoirs publics et les producteurs de lait, car il y a eu un fléchissement de la production laitière en France, alors que la demande en beurre explose", a-t-il ajouté.

La météo en cause. La crise du beurre est due à la concordance de plusieurs facteurs : "une demande de plus en plus forte de la part des pays émergents", des conditions météorologiques "nuisibles aux fourrages" et à la production de lait cet été, notamment des situations de sécheresse, et un "retour à la mode du beurre qui n'est plus décrié comme un élément mauvais pour la santé", note la FEB.