Pour son université d'été, le Medef veut plus de réformes, plus vite

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Quelque 3.000 patrons assisteront mardi à la prise de parole d'Edouard Philippe, dans le cadre de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas.

Les patrons se réunissent mardi, comme chaque année à la même époque, sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas pour la 20ème université d'été du Medef. Leur nouveau patron, Geoffroy Roux de Bézieux, élu début juillet, y fait son baptême du feu, tandis qu'à 14 heures Edouard Philippe s'adressera aux chefs d'entreprises. Après avoir commencé à dévoiler ses cartes budgétaires, le Premier ministre est particulièrement attendu sur sa politique pro-entreprises, car si beaucoup portent un regard positif sur les actions de son gouvernement, il faudra tout de même qu'il éclaircisse certains sujets, susceptibles de nourrir les tensions.

Une dissonance au milieu du "discours pro-business". Ainsi, le report de la baisse des cotisations patronales a été vécu comme un recul par de nombreux responsables. "C'est très décevant, c'est une mesure de trésorerie pour respecter le déficit, alors qu'il y avait plutôt des mesures structurelles à prendre en compte", relève Geoffroy Roux de Bézieux auprès d'Europe 1. "C'est un mauvais signal. Aujourd'hui, il y a un discours pro-business, il y a un certain nombre de reformes positive sur lesquelles on va prendre nos responsabilité, mais il ne faut pas donner de signaux contradictoires, la confiance est extrêmement importante entre les entreprises et le gouvernement. Si on perd la confiance, on perd l'envie d'investir et d'embaucher", avertit le nouveau leader du Medef.

Lever quelques doutes. Autre point de tension possible entre l'exécutif et les chefs d'entreprise : le paiement d'une partie des arrêts maladie de moins de huit jours par les entreprises. Si Edouard Philippe a balayé cette hypothèse dans une interview au Journal du Dimanche, il a toutefois indiqué qu'"il fa[llait] trouver une solution pour contenir ces dépenses". Rien de précis pour le moment donc, mais de quoi susciter quelques inquiétudes. Christophe Laguerre, patron d'une PME normande d'une quarantaine de salariés qui fabriquent des vernis et de la peinture, attend ainsi du chef du gouvernement qu'il lève les doutes. "Honnêtement ça me fait peur. Je trouve que faire porter sur l'entreprise, systématiquement, la responsabilité et donc le financement de ces arrêts courts n'est pas justifié", s'agace-t-il.

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Plus vite, toujours plus vite ! De nombreux dirigeants d'entreprise estiment également que le gouvernement, dont la célérité à reformer a été largement commentée, ne va pas encore assez vite. Or, le coup de frein inattendu de la croissance française vient apporter de l'eau à leur moulin. "Il reste énormément à faire, on voit bien que même si la croissance est plus élevée que ces dernières années, on n'est pas tout à fait au rendez-vous de ce que l'on espérait", pointe Geoffroy Roux de Bézieux. "Le chômage baisse mais pas assez vite. C'est le moment d'accélérer les réformes, pas pour nous, pas pour le profit des entreprises mais pour la prospérité du pays", fait-il valoir.

Entendu sur europe1 :
Je voudrais que le Premier ministre raisonne comme un patron de start-up

Jean-Marc Barki, PDG de Sealock, fabricant de colles industrielles dans les Hauts-de-France, abonde en ce sens et estime que le gouvernement devrait appliquer à l'échelle nationale des formules entrepreneuriales. "Je voudrais que le Premier ministre raisonne comme un patron de startup, et que, globalement, il considère qu'il n'a pas le temps et qu'il aille très vite", explique-t-il. "Forcément, il va y avoir des mécontents, mais la masse sera contente et les salariés en sortiront gagnants", assure ce chef d'entreprise. "Monsieur le Premier ministre, faites-nous confiance et vous ne serez pas déçu !", enjoint-il. Bref, de la confiance, de l'oxygène et davantage de réforme, voilà ce que demandent ces patrons, qui seront 3.000 pour écouter les réponses du Premier ministre mardi.