One Planet Summit : "Il faut que chaque citoyen du monde s'engage pour le climat", appelle le PDG de Danone

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Présent au One Planet Summit à Nairobi, le PDG de Danone Emmanuel Faber a répondu aux questions d'Europe 1 pour détailler les engagements écologiques du géant agroalimentaire.
INTERVIEW

Les leaders du monde entier avaient rendez-vous jeudi à Nairobi, au Kenya, pour la troisième édition du One Planet Summit. Outre les chefs d'État, dont Emmanuel Macron, quelques grands patrons ont fait le déplacement, dont Emmanuel Faber, le PDG de Danone. "Ce sont des événements nécessaires compte tenu de la dégradation du consensus politique mondial sur l'urgence de travailler sur les sujets environnementaux : le climat, les océans mais aussi la destruction de la biodiversité qui fait peser un vrai risque sur la sécurité alimentaire", estime-t-il, invité de l'interview éco d'Europe 1. 

>> Écoutez l’interview intégrale d'Emmanuel Faber dans le journal de la nuit d’Isabelle Millet. Le replay de l’émission est à retrouver ici.

Que chaque citoyen s'engage pour la planète. Le PDG de Danone reste toutefois lucide sur la portée de telles réunions. "Ces événements ne sont pas suffisants non plus. Le One Planet Summit, en réalité, doit aboutir à un "One People". Il faut que chaque citoyen dans le monde, y compris ici en Afrique, prenne en charge l'agenda défini et cadré dans une réunion comme celle-ci", souligne Emmanuel Faber au micro d'Europe 1. 

Des propos qui entrent en résonance avec une autre actualité liée à l'environnement : jeudi, les quatre ONG derrière la pétition pour le climat (appelée "L'affaire du siècle") ont déposé un recours contre l'État français pour inaction climatique. "Cela témoigne du fait que la génération qui arrive exige que ceux qui sont aux commandes créent les conditions pour que les choses changent", se réjouit le patron de Danone.

Action auprès des éleveurs africains. À ce titre, Danone s'engage auprès de ses partenaires pour réduire son empreinte écologique. "On investit beaucoup auprès de nos agriculteurs parce qu'on pense que c'est ce qui crée de la résilience. Au Kenya, par exemple, on travaille avec 30.000 fermiers pour modifier leur pratique d'élevage afin d'augmenter leur productivité mais aussi de diversifier leur production en passant à l'agroécologie, en plantant des arbres qui amènent de l'ombre et à terme des fruits et des légumes", explique Emmanuel Faber.

Entendu sur europe1 :
On s'est engagé à ce que la totalité de notre activité agricole en France soit régénératrice d'ici 2025

Une action sur le terrain qui présente, selon le patron de Danone, un double avantage économique et écologique. "Pour cette région très pauvre, on parle quand même de créer 175 millions d'euros de revenus additionnels sur dix ans. Au passage, on capture un million de tonnes de carbone et surtout, on sauve de l'eau et donc on lutte contre l'érosion des sols", assure Emmanuel Faber. "On intervient dans un grand nombre de pays africains, avec le soutien d'ONG et en collaboration totale avec les populations locales. C'est elles qui ont le leadership de la survie dans l'environnement dans lequel elles vivent."

Accélérer sur le bio. Une action que Danone mène également en France. "On travaille depuis longtemps avec 2.000 éleveurs. On leur achète directement notre lait, on les connaît tous. On a financé la conversion en bio d'un grand nombre d'exploitations qui travaillent pour nous", vante le PDG de Danone. Et le groupe agroalimentaire se veut ambitieux. "On s'est engagé à ce que la totalité de notre activité agricole en France soit régénératrice d'ici 2025, c'est-à-dire qu'elle protège mais aussi qu'elle régénère la santé des sols. On va aussi accélérer dans le bio pour l'alimentation infantile : aujourd'hui on ne trouve que 50% de nos besoins en France mais on veut passer à 80% dès 2020 et quasiment 100% à terme."

Entendu sur europe1 :
Derrière le bio, il y a d'autres questions d'équité et de production locale

Dès lors, peut-on imaginer qu'un jour, 100% des yaourts Danone soient estampillés bio ? "C'est possible mais je ne suis pas sûr que ce soit souhaitable", répond Emmanuel Faber. "Le bio, c'est super important, mais il va continuer à se réinventer. L'offre bio ne peut pas être multipliée par cinq et conserver l'esprit et les caractéristiques de ce qu'en ont fait les pionniers", soutient-t-il.

Répondre aux attentes des consommateurs. Selon le patron de Danone, "derrière le bio, il y a d'autres questions d'équité, de production locale". "Nos marques devront construire ces autres formes de relation avec les producteurs qui engagent des communautés de consommateurs qui y sont sensibles", martèle-t-il. "Le plus important à mes yeux, c'est qu'on adosse en France des modèles alimentaires à des modèles agricoles qui régénèrent les ressources qu'elles utilisent. C'est fondamental pour le futur."