Masques en supermarchés : une sénatrice veut une "commission d'enquête" pour "faire la transparence"

, modifié à
  • A
  • A
La grande distribution va pouvoir vendre de masques à partir du 4 mai. 3:15
La grande distribution va pouvoir vendre de masques à partir du 4 mai.
Partagez sur :
La sénatrice de Gironde et vice-présidente de la Commission des lois, Nathalie Delattre, était l'invitée de la matinale d'Europe 1. Elle demande l'ouverture d'une commission d'enquête afin de déterminer si la grande distribution a constitué des stocks de masques alors que la France en manquait. 
INTERVIEW

La grande distribution a-t-elle constitué des stocks de masques dans l'attente de pouvoir les vendre ? C'est ce que cherche à savoir la sénatrice de Gironde, Nathalie Delattre. Celle-ci a demandé, dans une lettre au président du Sénat Gérard Larcher, l'ouverture d'une commission d'enquête. La vice présidente de la commission des lois souhaite ainsi faire toute la lumière sur les déclarations de la grande distribution, qui assure avoir des dizaines de millions de masques chirurgicaux disponibles à la vente à partir du 4 mai. 

Selon elle, cette commission d'enquête est essentielle "faire toute la transparence" et pour rassurer les Français car "depuis des mois on nous parle de la pénurie des équipements de protection individuels dont les masques, au point que l'État a dû prioriser ceux qui pourraient les porter", explique-t-elle au micro de Bernard Poirette, sur Europe 1. Et Nathalie Delattre de rappeler que certaines aides à domicile en manquent toujours pour effectuer leurs visites.

"Il faut savoir s'ils ont stocké ces masques"

"Or, à la veille du décret qui autorise cette vente publique, la grande distribution nous annonce qu'elle détient des millions de masques qui vont pouvoir être mis en vente... Je ne remets pas en cause nos petites, moyennes et grandes surfaces de proximité où le personnel a eu courage de tenir ces rayons pour nous permettre d'être alimentés, mais ce qui me choque, ce sont les annonces des responsables de cette grande distribution, ces centrales d'achat. Il faut qu'elles répondent à nos questions", ajoute-t-elle. 

"Soit, effectivement, ils sont bien meilleurs que l'État français et ils ont pu en quelques jours avoir ces masques et s'approvisionner. Dans ce cas-là, il faut s'interroger sur la chaîne de décisions nationale afin de savoir s'il y a eu des défaillances ou non. Ou bien, il faut savoir s'ils ont stocké des masques alors que des collectivités territoriales et l'État étaient aux abois et essayaient d'en avoir", s'interroge Nathalie Delattre. "Je ne dis pas que la grande distribution aurait dû les donner mais bien les vendre à prix coûtant."

Une "politique ambitieuse de gratuité de nos masques"

Quant à la distribution gratuite des masques aux Français, Nathalie Delattre s'y dit favorable à titre personnel. "On voit qu'après la fracture numérique, après d'autres fractures, les plus démunis auront beaucoup de mal à se procurer ces masques. C'est un budget car il en faut plusieurs dans la journée. Au moment où on annonce la réouverture des écoles, il va falloir équiper nos enfants et effectivement, cette question est cruciale. Pour ma part, je pense que nous pourrions avoir cette politique ambitieuse de gratuité de nos masques", conclut la sénatrice. 

Europe 1
Par Coline Vazquez