L'entreprise Urgo annonce investir 100 millions d'euros pour créer une peau artificielle

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Guirec Le Louis 1:00
Le président de l'entreprise Urgo Guirec Le Louis annonce sur Europe 1 que 100 millions d'euros seront dépensés de la recherche d'une peau artificielle. © Europe 1
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Le président de l'entreprise Urgo annonce mardi sur Europe 1 que 100 millions d'euros seront alloués à la création d'une peau artificielle pour aider le traitement des grands brûlés. Un projet d'innovation qui, s'il est mené à bien, serait une première mondiale. Il a d'ailleurs été salué, dans un tweet, par Emmanuel Macron.

Tenter de créer de la peau artificielle : c’est le pari fou lancé par Urgo. L’entreprise de pansements, bien connue pour les petites blessures du quotidien, a réuni une équipe d’entrepreneurs et de chercheurs français afin d'inventer une fausse peau. L’outil servira aux grands brûlés : il est en effet difficile aujourd’hui de les soigner sans trop de douleurs et d’interventions chirurgicales. Le président d’Urgo, Guirec Le Louis, a annoncé le budget alloué à ce projet d’innovation, mardi dans l’émission La France Bouge sur Europe 1 : 100 millions d’euros dont près de 23 millions de l’État. Un projet "un peu fou".

"C'est le Graal"

Et l’enjeu est de taille. Si l’entreprise réussie, il s’agirait alors d’une première mondiale. "Quand on pose la question aux médecins, ils nous répondent que c’est le Graal. C’est ce dont les patients ont besoin, d’où cette compétition mondiale", explique Guirec Le Louis.

Pour l’instant, pour soigner un grand brûlé, les chirurgiens prennent de la peau là où il en reste, et la greffe là où il n’y en a plus. Une technique fastidieuse et douloureuse. "Demain, on pourra directement appliquer Genesis, cette peau artificielle, là où il en manque", affirme Guirec Le Louis. Et par "demain", le chef d’entreprise entend les années 2030, le temps de développer cette idée.  

Recréer la peau et toute sa complexité

Le chef d’entreprise l’assure, il s’est entouré des meilleurs acteurs français pour mener à bien cette innovation. "Il y a le laboratoire LBTI, spécialisé dans la plaie, mais aussi Dassault System pour modéliser le comportement du corps humain et aller plus vite dans le développement du produit", détaille-t-il.

Ce projet représente pour le patron d’Urgo un "défi scientifique et technologique vraiment énorme". Et pour cause, il s’agit de travailler sur la peau, soit modestement "le plus grand organe du corps humain". Le plus difficile sera donc, pour lui, de recréer cette structure "protectrice, imperméable et flexible".

Le soutien d'Emmanuel Macron

Pour réaliser ce défi, il peut compter sur le soutien de l’État. Ce sont 22,8 millions d’euros qui ont en effet été débloqués dans le cadre du PSPC, une aide au projet de recherche et de développement. Un apport financier donc, mais aussi symbolique. Guirec Le Louis a eu la bonne surprise de voir, ce mardi matin, un tweet du président de la République soutenant son projet.

"Je l’ai découvert sur le chemin en venant à Europe 1. C’est vraiment une immense fierté pour moi et pour l’ensemble des équipes", souffle Guirec Le Louis à propos de ce message d’Emmanuel Macron. Il espère maintenant que le chef de l’État répondra à son invitation de visite du site, près de Dijon, en Côte d’Or.

Europe 1
Par Manon Bernard