Sécurité du réseau ferré : "On va dans le bon sens", tempère la Fédération des usagers

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Dans un rapport révélé par "Le Parisien", la sécurité de certaines lignes SNCF est remise en question par le gendarme du réseau ferré. Pour Bruno Gazeau, président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT), "il faudra encore dix ans" pour remettre ce réseau vieillissant à niveau.
RÉACTION

Dans quel état se trouvent les 30.000 km de lignes ferroviaires en France ? Pour le gendarme du réseau ferré, l'Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF), la situation est alarmante : dans un rapport révélé par Le Parisien, les enquêteurs de l'EPSF ont trouvé des "dizaines d'anomalies", dont certaines pouvant affecter la sécurité, qui ne figuraient pas dans les rapports SNCF, même lorsque la dernière tournée d'inspection remontait à une semaine.

Pour Bruno Gazeau, président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT), il n'y a pourtant "pas d'inquiétudes particulières" à avoir lecture de ce rapport, même si l'amélioration du réseau ferré prend beaucoup de temps, comme il l'explique mercredi soir au micro Europe 1 de François Clauss.

"Encore dix ans" pour remettre le réseau à niveau

"Le rapport de l'EPSF invite la SNCF à persévérer dans tous ses efforts. Sur la sécurité, l'EPSF lui-même reconnaît que les indicateurs s'améliorent", souligne Bruno Gazeau, alors que le rapport révélé par Le Parisien, qui se base sur un audit de 14.000 km de lignes par les enquêteurs de l'EPSF, évoque entre autres des câbles rongés et des rails déboulonnés.

" L'effort est entrepris depuis cinq ou six ans, il faudra encore dix ans pour le remettre à niveau, si l'effort se maintient "

"Pendant trente ou quarante ans, les gouvernements ont négligé le réseau ferroviaire", rembobine le président de la FNAUT sur notre antenne. "L'effort est entrepris depuis cinq ou six ans, il faudra encore dix ans pour le remettre à niveau, si l'effort se maintient, c'est-à-dire d'au moins 3,5 milliards d'euros par an, et même un peu plus. Il y a encore beaucoup de choses à faire, mais on va dans le bon sens", résume-t-il.

Du changement après Brétigny

Selon Bruno Gazeau, tout s'est amélioré depuis la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, en juillet 2013, qui avait fait sept morts et des dizaines de blessés. "La sécurité a fait l'objet de retours d'expérience très importants" depuis l'accident, explique-t-il. "Il y a eu la création d'un haut comité de la sécurité ferroviaire qui se réunit plusieurs fois par an et analyse tous les rapports qui peuvent être faits. Les choses sont bien cadrées" aujourd'hui, selon le président de la Fédération des usagers.

Europe 1
Par Thibaud Le Meneec