Sécurité du réseau ferré : un rapport accuse la SNCF, qui se défend

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Un rapport de l'EPSF, le gendarme du ferroviaire, dont les conclusions ont été dévoilées mardi par "Le Parisien", pointe de nombreuses anomalies sur les voies ferrées françaises, similaires à celles ayant conduit à l’accident de Brétigny-sur-Orge en 2013.

Les problèmes de maintenance ayant conduit à des accidents comme celui de Brétigny-sur-Orge en 2013 "persistent" à la SNCF, affirme Le Parisien mardi sur la base d'un rapport partiel et confidentiel du gendarme du ferroviaire EPSF. La SNCF souligne elle au contraire une amélioration de la sécurité depuis trois ans.

Des "dizaines d'anomalie"

En effectuant eux-mêmes des contrôles le long des voies ferrées, les enquêteurs de l'EPSF ont trouvé des "dizaines d'anomalies", dont certaines pouvant affecter la sécurité, qui ne figuraient pas dans les rapports SNCF même lorsque la dernière tournée d'inspection remontait à une semaine, souligne le quotidien dans un article en ligne.

Le Parisien évoque ainsi des éclisses (pièces métalliques reliant deux rails) avec des boulons desserrés ou manquants, un élément qui a joué un rôle essentiel dans le déraillement du train Intercités Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, qui avait fait sept morts et plus de 30 blessés, le 12 juillet 2013. Le rapport de l'Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF), couvrant l'audit technique de 14.000 km du réseau SNCF (qui en compte 30.000 au total), pointe aussi "plusieurs centaines d'anomalies" qui "n'ont pas été traitées dans les délais".

"Il n'est pas possible d'avoir la garantie que les anomalies identifiées lors des opérations de surveillance ont bien été traitées", observent les auteurs du rapport, cités par le journal. Mercredi, le rapport d'audit n'était pas disponible sur le site de l'EPSF et aucun responsable n'a pu être joint.

"Il n'y a jamais eu autant de contrôles", assure la SNCF

La SNCF a confirmé la teneur du rapport technique d'audit, tout en minimisant les conclusions tirées par le quotidien. "Si l'EPSF avait noté des situations graves ou des écarts graves, il a l'obligation de demander des mesures conservatoires immédiates, ce qui n'est pas le cas", a souligné un responsable. "Pour juger de l'état de la sécurité, il faut regarder le nombre d'accidents de sécurité remarquables signalés par l'EPSF, et qui a baissé de 30% en trois ans", a indiqué la même source.

Depuis Brétigny, "le contrôle et la sécurité ont été complètement remis à plat, avec notamment le lancement de plusieurs trains de surveillance bardés de capteurs électroniques, baptisés Surveil, qui sillonnent jour et nuit le réseau pour vérifier l'intégrité du réseau", a ajouté ce responsable. Selon lui, "il n'y a jamais eu autant de contrôles, ce qui est une bonne chose".

"Il faut que tous ces travaux se mettent en oeuvre"

"L'EPSF est dans son rôle de signaler les insuffisances", a déclaré de son côté la ministre des Transports, Élisabeth Borne. Elle voit dans cet état des lieux effectué, les conséquences de "décennies de sous-investissement et de 'tout-TGV'", et rappelle que le gouvernement s'était engagé il y a un an à porter l'effort de modernisation des voies ferrées à 3,6 milliards d'euros par an, soit "50% de plus que ce qui se faisait au cours de la dernière décennie".  "Il faut que tous ces travaux se mettent en oeuvre, ce qui est un véritable défi pour la SNCF", a-t-elle insisté.