Black Friday : La France, championne de l'économie circulaire ? Le patron de Vinted "ne connait aucun autre pays où c'est aussi développé"

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Alors que le Black Friday bat son plein, Vinted annonce avoir levé 128 millions d'euros. L'entreprise, chantre de l'économie circulaire, plaide pour un autre mode de consommation. Et son président dans le monde, Thomas Plantenga, invité vendredi d'Europe 1, cite la France comme exemple. "Si vous regardez l'ampleur du commerce d'occasion qu'il y a dans ce pays, c'est énorme".
INTERVIEW

Thomas Plantenga vit très loin de l'agitation qui secoue vendredi plusieurs pays dans le monde, à l'heure de soldes monstres. "Je n'avais même pas réalisé que c'était la semaine du Black Friday", concède sur Europe 1 le président de Vinted Monde. Il faut dire que l'application de revente de vêtements dont il est le patron est aux antipodes de cette guerre des promotions à laquelle se livre bon nombre de grandes enseignes. "Ce n'est pas vraiment un objectif pour nous", reconnait-il. Cela n’empêche pas son entreprise de réaliser une levée de fonds exceptionnel de 128 millions d'euros, faisant de Vinted une nouvelle "licorne" européenne, référence économique au start-up dont la valorisation atteint un milliard d'euros. "Il y a de l'ironie à voir que dans l'un de ces jours phare de consommation massive, une entreprise qui met en avant l'économie circulaire arrive à lever une grosse somme d'argent", sourit Thomas Plantenga. 

"L'argent circule sur notre plateforme"

Vinted peut se targuer de réunir onze millions de membres sur sa plateforme, où plus de deux articles sont vendus chaque seconde. De quoi évidemment convaincre les investisseurs d'aider à développer cette économie circulaire. "Cela nous fait du bien, on se sent soutenus par ça", reconnait le président de Vinted. Preuve de la réussite de cette application, trois utilisateurs sur quatre utilisent l'argent gagné sur le site pour acheter d'autres produits sur Vinted. "On est une place de marché symétrique", explique Thomas Plantenga. "D'un coté, des gens comme vous et moi achètent des choses, de l'autre des gens en vendent, et au bout d'un moment, ils échangent leurs places. L'argent circule sur notre plateforme."

 

La France modèle d'économie circulaire

Pour le patron de Vinted Monde, la France fait d'ailleurs figure de modèle. "Si vous regardez l'ampleur du commerce d'occasion qu'il y a dans ce pays, c'est énorme", s'enthousiasme Thomas Plantenga, "je ne connais aucun autre pays où c'est aussi développé". Impressionné par "l'éco-système d'entreprises en France", sa start-up collabore avec plusieurs d'entres-elles, comme Mondial Relay, avec qui "elle innove pour optimiser les choses". "On ne se dit pas seulement : 'comment on peut avoir un meilleur prix ?' ou 'comment on peut aller plus vite ?', on se demande vraiment : 'comment on peut rendre ça plus durable ?'". Pour cela, Thomas Plantenga entend réfléchir sur les modes de livraisons, qui peuvent avoir un impact important sur l'environnement. "C'est notre responsabilité de repenser tout ce processus", reconnait le président de Vinted. "Si on rend ça meilleur pour l’environnement, ce sera meilleur pour notre croissance."

 

Thomas Plantenga "adore les impôts"

Responsable d'un point de vue environnementale, Thomas Plantenga entend que Vinted le soit aussi d'un point de vue économique. Comme n'importe qu'elle entreprise, elle paye une partie de ses impôts en France. "C'est l'élément fondamental sur lequel on construit une société non ?" demande même le patron de Vinded, qui reconnait "adorer les impôts". "C’est fondamental pour construire des universités, des hôpitaux, aider ceux qui ont moins, rendre la société plus juste, ce qui est extrêmement important pour qu’elle reste stable." Thomas Plantenga encourage même les responsables des entreprises sur le territoire à faire pareil. "Je crois que c’est tout simplement la plus juste des choses à faire", explique le Président de la plateforme, très engagé sur le sujet. "Nous avons ces règles parce que les impôts nous permettent de construire notre société comme nous avons envie qu’elle soit" conclut-il.

Europe 1
Par Cédric Chasseur