granules homéopathie 5:09
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Gauthier Delomez , modifié à
Depuis le 1er janvier 2021, l'homéopathie n'est plus remboursée par la Sécurité sociale. Une mesure qui touche les consommateurs réguliers, mais aussi les professionnels du secteur. Sur Europe 1, la directrice des laboratoires Boiron évoque les difficultés rencontrées, malgré une affection toujours intacte pour cette médecine douce.
INTERVIEW

L'homéopathie subit-elle son déremboursement ? Depuis le 1er janvier 2021, cette médecine douce n'est plus prise en charge par la Sécurité sociale. C'était l'une des mesures phares portées par l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui permet à l'État d'économiser plus de 126 millions d'euros par an. La mesure contraint en revanche les consommateurs réguliers d'acheter intégralement les granules, et elle touche également les professionnels du secteur. Dans l'émission La France bouge, Valérie Lorentz-Poinsot, directrice des laboratoires Boiron spécialisés dans l'homéopathie, explique que les ventes fluctuent depuis un an.

Une perte de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires

Le déremboursement de cette médecine douce, qui n'a pas encore fait ses preuves du côté de la science, et la crise sanitaire ont fait chuté les ventes de l'entreprise familiale au début de l'année. "Ce déremboursement va nous faire perdre plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit à peu près 25 à 30% des ventes", estime Valérie Lorentz-Poinsot sur Europe 1.

"Le premier trimestre a été extrêmement compliqué puisque le groupe a accusé un recul de 42% [des ventes de produits homéopathiques]. Mais tout ce qu'on a mis en place commence à marcher. Les deuxième et troisième trimestres ont été légèrement en positif au niveau du groupe, même si la France reste en recul", note la directrice des laboratoires Boiron. 

"Les nouveautés fonctionnent très bien"

Valérie Lorentz-Poinsot se montre optimiste et souligne l'affection pour l'homéopathie, à l'étranger comme dans l'Hexagone. "Dans les autres pays, on a une dynamique qui se poursuit. En France, les patients nous demandent toujours de l'homéopathie. L'un des indicateurs est que les nouveautés que nous avons, comme un sirop contre le rhume et la toux, ou un médicament pour les coliques du nourrisson, fonctionnent très bien", explique la directrice, qui en tire les conclusions : "Ça veut bien dire qu'il y a un besoin des Français".

Malgré un plan de départ de 500 salariés sur les 1.800 que compte l'entreprise et la fermeture de 13 sites sur 28 au total fin 2021, l'entreprise, réorganisée, va continuer de développer la filière. Elle fabriquera toujours des "médicaments standards ou personnalisés, puisque l'homéopathie est une médecine thérapeutique où l'on fait de l'individualisation des traitements", précise sa directrice, qui assure que la fabrication ne baissera pas s'il n'y a pas de diminution de la demande. "On fabrique en France, à Lyon, 99,8% de l'homéopathie qui part dans le monde entier, donc on va garder ce savoir-faire."