Fonctionnaires : l'objectif de suppression de 50.000 postes loin d'être atteint

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Edouard Philippe a promis une accélération de la cadence dans les suppressions de poste des fonctionnaires.
Edouard Philippe a promis une accélération de la cadence dans les suppressions de poste des fonctionnaires. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Alors que le Premier ministre a présenté lundi la suite de la réforme de l'administration, la promesse de supprimer 50.000 fonctionnaires dans la fonction publique d'État semble difficile à tenir.

C'était l'une des promesses de campagne du candidat Macron : d'ici à 2022, soit la fin du quinquennat, la fonction publique d'État se sera délestée de 50.000 fonctionnaires. De quoi contribuer à tenir des objectifs d'économies ambitieux (60 milliards en cinq ans). Un an et demi après son accession au pouvoir, le gouvernement a présenté lundi sa "stratégie" de réforme de l'administration. Avec, au menu, plusieurs mesures destinées à encourager ces suppressions de postes. C'est le cas de l'ouverture de l'assurance-chômage aux fonctionnaires, qui doit permettre selon Matignon d'"accompagner éventuellement des départs volontaires". Car aujourd'hui, l'objectif des 50.000 postes supprimés est encore très loin d'être atteint.

Où en est-on exactement ? En 2018, quelque 1.600 suppressions de postes dans la fonction publique d'État ont été actées. Le projet de loi de finances 2019 en prévoit 4.100. C'est déjà un peu moins qu'anticipé par Edouard Philippe dans une interview accordée fin août au JDD. Le Premier ministre prévoyait alors "environ 4.500 suppressions de postes". "À ce rythme-là, il faudrait dix ans pour atteindre les 50.000 postes", persifle Eric Woerth président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale, dans les colonnes de L'Express.

En réalité, les suppressions sont plus importantes, mais partiellement compensée par certaines créations de postes. Ainsi, les ministères de l'Intérieur, de la Justice ou des Armées voient leurs effectifs augmenter, quand Bercy, l'Education nationale ou le ministère du Travail se serrent la ceinture.

Accélérer la cadence. Il reste encore environ 44.000 coupes à faire en trois ans, ce qui signifie qu'il va falloir accélérer la cadence. Au JDD, Edouard Philippe a déjà indiqué qu'en 2020, il y aurait une nouvelle coupe de 10.000 postes dans la fonction publique d'État. Il en faudra encore 34.000 dans les deux dernières années du quinquennat, soit 17.000 par an.

Des chiffres qui restent quand même compliqués à atteindre. D'abord, parce qu'il est toujours plus aisé de faire des coupes en début qu'en fin de quinquennat. Ensuite, parce qu'on ne sait toujours pas bien quels secteurs vont être mis à contribution. Le 2 septembre dernier, sur le plateau de "L'Émission politique", Edouard Philippe a estimé qu'il était possible de "réorganiser la machine publique de façon à faire mieux avec un peu moins dans certains domaines, et dans d'autres domaines beaucoup plus". Mais sans répondre clairement à la question des ministères concernés.

Comment réduire ? Dimanche, sur Europe 1, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a donné des pistes sur la méthode choisie par l'État pour procéder à ces réductions d'effectifs. Avec notamment la généralisation des embauches sous contrat "pour une durée de 5, 10 ou 15 ans, avec une rémunération au mérite". Des plans de départ volontaires seront par ailleurs mis en place, avec le rattachement des fonctionnaires au système d'assurance-chômage et la création d'une agence de reconversion des agents.