Fonction publique : près de 5.000 demandes de ruptures conventionnelles depuis janvier

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salarié 1:24
Face au succès des demandes de ruptures conventionnelles dans le public, Luc Farré prévient que l'attente est forte et que toutes les demandes ne pourront être satisfaites. © Pixabay
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Les ruptures conventionnelles, ouvertes à la Fonction publique depuis janvier, connaissent un franc succès : près de 5.000 demandes ont été faites en seulement deux mois. Si toutes les demandes pourront difficilement recevoir une réponse favorable, cet engouement dit tout le mal-être de certains fonctionnaires.

Entre 4.000 et 5.000 demandes formulées depuis deux mois, selon le secrétariat d'État à la Fonction publique. Auparavant réservées au privé, les ruptures conventionnelles sont ouvertes depuis janvier 2020 aux salariés du public, et les demandes affluent. Pas une semaine sans que des dizaines de demandes de renseignements soient faites, selon l'entourage du secrétaire d'État, Olivier Dussopt. Les syndicats confirment, eux qui n'ont pas tous salué cette réforme.

"Manifestation d'un ras-le-bol"

Sur le site de l'UNSA Fonction publique, la page destinée à la rupture conventionnelle bat tous les records de clics. Si le gouvernement y voit un attrait pour un dispositif que les fonctionnaires enviaient depuis longtemps aux salariés du privé, les syndicats, eux, y décèlent l'expression d'un malaise. "Ce que j'ai vu, c'est la manifestation d'un ras-le-bol qui a atteint un niveau culminant", exprime Damien Leroux, de la CFDT. "Les gens, faute d'espoir de voir s'améliorer les choses, décident de quitter l'administration en se disant que ce sera la solution à leur mal-être au travail".

Toutes les demandes ne pourront être satisfaites

"Des gens seront déçus", dit quant à lui Luc Farré, de l'UNSA. En effet, l'attente est très forte et toutes les demandes ne pourront être satisfaites, ajoute-t-il. Ces demandes de rupture conventionnelle nécessitent l'accord de l'employeur. Or, certains services publics, comme le secteur hospitalier, laisseront difficilement partir des gens avec un pécule, alors qu'ils ont déjà beaucoup de mal à en recruter.

Europe 1
Par Olivier Samain, édité par Pauline Rouquette