Annulation d'Europacity : "C'est un coup de poignard de la part de l'État", s'insurge le maire de Gonesse

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Quelques heures après l'annonce de l'abandon du mégaprojet Europacity, les défenseurs de ce qui devait être un immense complexe de loisirs et de commerces au nord de Paris ne cachent pas leur déception. Certains élus dénoncent le sacrifice de cette banlieue sur l'autel de l'écologie.
RÉACTION

C'est la "fin d'un espoir" pour des jeunes de banlieue : l'annonce jeudi de l'abandon par Emmanuel Macron du mégaprojet Europacity et de ses 10.000 emplois potentiels suscite une déception "immense" chez certains habitants qui dénoncent l'"abandon" de leur territoire, mais également chez certains élus, notamment le maire PS de Gonesse, Jean-Pierre Blazy.

"On est un peu les sacrifiés au nom d'une vision uniquement symbolique de l'écologie"

"C'est un coup de poignard incompréhensible et inacceptable de la part de l'État !", s'insurge ainsi au micro d'Europe 1 le maire de la commune qui devait accueillir le complexe. "On a une population qui connaît un chômage au-delà des moyennes, on a une population très jeune qui a besoin d'un avenir. On est un peu les sacrifiés au nom d'une vision uniquement symbolique de l'écologie", tacle l'édile. "Parce qu'on ne me fera pas croire que l'abandon du projet Europacity va sauver la planète. Alors que le même gouvernement propose un développement de l'aéroport de Roissy, donc du transport aérien et des nuisances pour le territoire." 

Emmanuel Macron invité à venir "expliquer sa décision" à Gonesse

"J'invite le prédisent de la République à ne pas sacrifier l'urgence sociale, à une autre urgence, que je partage, l'urgence écologique. Et je l'invite à venir ici, à Gonesse, pour qu'il explique le sens de sa décision d'aujourd'hui, avant que la colère ne monte trop fort."

Un dépit que partage également les habitants. "Depuis que j'ai appris la nouvelle, j'ai la boule au ventre. C'est la fin d'un espoir", explique Kamel Slimani, membre du Collectif des vrais gens, qui défendait ardemment le projet d'aménagement du Triangle de Gonesse, dans le Val-d'Oise. 

"La déception est immense, on sent un mépris du gouvernement par rapport à la banlieue, on a l'impression que le président nous marche dessus juste pour dire qu'il fait de l'écologie. L'est du Val-d'Oise, c'est le parent pauvre de l’Île-de-France. On n'a rien, pas de transports, pas de métro, on est abandonnés", ajoute cet éducateur, militant associatif de longue date à Goussainville. Selon lui, "l'émotion est grande et il ne faudra pas s'étonner si ça pète". 

Pour Ali Soumaré, conseiller régional PS de Villiers-le-Bel, "on se fait une virginité écolo sur le dos de la banlieue". "Tout le monde sait que c'est pas Europacity qui va siphonner la planète, on parle de terres archi-polluées, entre des autoroutes et des aéroports. Cette décision, c'est une belle hypocrisie", dit-il. "Je mets au défi Emmanuel Macron de venir dans ce territoire pour dire quel est l'avenir", a conclu l'élu. 

Europe 1
Par Théo Mavenal, édité par Ugo Pascolo avec AFP