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Laura Laplaud
35% des annonces publiées entre août 2020 et août 2021 dépassent les plafonds de loyers autorisés par la loi, révèlent la Fondation Abbé Pierre et la Ville de Paris lundi. Invité d'Europe Midi, le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, Manuel Domergue, est revenu sur les résultats de ce premier baromètre. Ce "sont des loyers qui deviennent aberrants", a-t-il commenté.

Trouver un logement sans se ruiner à Paris n'est pas une mince affaire. Alors que le prix du mètre carré atteint déjà les 10.000 euros voire les 13.000 euros dans certains arrondissements de la capitale, la Fondation Abbé Pierre et la Ville de Paris révèlent lundi dans leur premier baromètre du respect de l'encadrement des loyers à Paris que 35% des annonces publiées entre août 2020 et août 2021 dépassent les plafonds de loyer autorisé par la loi. "Les 35% d'annonces qui sont au-dessus [des plafonds] sont vraiment des loyers qui deviennent aberrants", a commenté Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, au micro de Romain Desarbres.

Pas de surprise : dans les quartiers les plus chers, l'encadrement des loyers est le moins respecté

Qui n'a jamais été confronté à ces tarifs, souvent exorbitants ? Pour un étudiant ou un jeune diplômé avec un faible revenu, se loger dans la capitale est devenu mission impossible. "On retrouve un pourcentage de dépassement plus important sur les petits logements, les studios, les deux pièces parce qu'on sait que c'est là aussi qu'il y a une demande très forte", a-t-il expliqué sur Europe Midi.

Un dépassement moyen de 196 euros par mois, toujours selon les résultats du premier baromètre, qui se retrouve aussi "dans les quartiers les plus chers", le 1er, 7e, 9e, 16e arrondissement, "là où les propriétaires savent qu'ils vont trouver les locataires même s'ils pratiquent des loyers indécents", a poursuivi Manuel Domergue.

L'encadrement des loyers, mis en place en 2019, permet de déterminer pour chaque annonce de logement locatif publiée en ligne à Paris, si celle-ci dépasse les plafonds de loyer en vigueur, précisent-ils dans la publication de leur étude. Pourtant, deux ans après son entrée en vigueur dans la capitale, les propriétaires comme les agences immobilières ne respecteraient pas la règle. "On a l'impression que cette règle d'encadrement des loyers ne fait pas vraiment peur aux propriétaires sinon ils ne seraient pas si nombreux à ne pas la respecter", juge-t-il. "Il faut maintenant passer à l'étape d'après : l'étape des sanctions."