hôpital wuhan STR / AFP 1:51
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Lionel Gougelot, édité par Séverine Mermilliod , modifié à
AFPRO-Filters est une entreprise française spécialisée dans la fabrication de filtres pour les locaux à usage médical. Elle a été officiellement mandatée par le gouvernement chinois pour fournir des équipements pour le nouvel hôpital de Wuhan sorti de terre en à peine dix jours. Un sacré défi pour l'entreprise nordiste.
REPORTAGE

La plupart des cas de nouveau coronavirus 2019-nCoV sont à Wuhan, épicentre de l'épidémie qui sévit en Chine depuis plusieurs semaines. Depuis lundi, le tout nouvel hôpital de la ville accueille les premiers patients contaminés. Une construction éclair de dix jours pour cet établissement, à laquelle une entreprise de Villeneuve-d’Ascq a pris part, mandatée par le gouvernement chinois. AFPRO-Filters, c'est son nom, est spécialisée dans la fabrication de filtres pour les locaux à usage médical. L'entreprise a su relever le défi grâce à son usine de production installée au sud de Pékin.

4000 pièces fabriquées en urgence

"Voilà tous les filtres qu'on a installés, qui sont en livraison sur le site de Wuhan", présente Romain Bassani, directeur général de l'entreprise. Ce sont les mêmes filtres qui équipent les grands hôpitaux de France. 4.000 pièces ont été fabriquées en urgence sur demande des autorités chinoises, pour suivre le rythme du chantier à grande vitesse du nouvel hôpital de Wuhan, 60.000 mètres carrés, construit spécialement pour isoler les malades du coronavirus 2019-nCoV.

"On a livré en temps et en heure les meilleurs systèmes de filtration possible. Les filtres sont en train d'être installés dans les systèmes de ventilation, des centrales de traitement d'air qui vont pulser l'air à l'intérieur des bâtiments", précise le directeur. 

Une unité de production en Chine

La force de l'entreprise AFPRO-Filters, c'est surtout d'avoir une unité de production en Chine, qui a réquisitionné 200 employés malgré le Nouvel an chinois. "Beaucoup de nos salariés étaient partis en congés, donc on les a recontactés et face à la situation de crise, chacun s'est senti mobilisé", assure Camille Sabos, responsable marketing.

Devant les images hallucinantes de cet hôpital chinois sorti de terre en quelques jours, Romain Bassani n'est pas étonné. "Quand ils mettent les moyens et qu'il y a une situation de crise, on sait ce qu'ils sont capables de faire. Pour être honnête, je ne suis pas impressionné. Donc on a réagi de la même façon", affirme-t-il.

L’entreprise s'apprête désormais à répondre à une autre commande de matériel de filtration de l'air pour un hôpital de 1.500 lits qui ouvrira cette semaine.